Consultant(e) pour une Evaluation finale du projet « YPS en pratique : Auto-analyse et renforcement du leadership des jeunes dans la prévention de la violence politique en Côte d’Ivoire »

Location: Cote d’Ivoire – Communes de Yopougon et d’Abobo à Abidjan

Application closing: 26 juillet 2021

Intitulé du projet : « YPS en pratique » : Auto-analyse et renforcement du leadership des jeunes dans la prévention de la violence politique en Côte d’Ivoire

Durée du projet : 21 mois (11 décembre 2019 – 10 septembre 2021)

Période évaluée : toute la durée du projet

Date de début de l’évaluation prévue : 23 août

Donateur : Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UN PBF)

Interpeace est une organisation internationale de consolidation de la paix qui œuvre depuis 26 ans sur différents continents et notamment dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Interpeace vise à renforcer les capacités locales des populations, à dépasser leurs divisions et à régler les conflits de manière non-violente. Notre stratégie met l’accent sur l’appropriation et le savoir-faire locaux, c’est pourquoi notre objectif est d’inclure au mieux tous les groupes affectés et d’intégrer les acteurs des différentes sphères de la société : des autorités nationales à la société civile, en passant par les communautés, afin qu’elles puissent mettre en place ensemble des politiques efficaces reflétant leurs réalités locales.

Interpeace est engagé en Côte d’Ivoire depuis 2012 et travaille avec son partenaire local Indigo Côte d’Ivoire notamment à Abidjan, dans l’Ouest et le Nord-Ouest du pays sur différentes thématiques comme la violence politique, le foncier rural ou la violence des jeunes, et met l’accent sur les facteurs de résilience à la violence. Notre méthodologie inclut de la recherche action participative (RAP), outil qualitatif et collaboratif permettant de donner la parole aux principaux concernés et de les associer à l’élaboration de solutions durables et pacifiques à travers l’analyse de leurs expériences et connaissances sur la problématique en question.

A. Introduction 

Interpeace recherche un.e consultant.e (international.e ou national.e) pour effectuer une évaluation finale du projet « YPS en pratique » : Auto-analyse et renforcement du leadership des jeunes dans la prévention de la violence politique en Côte d’Ivoire, mis en œuvre avec son partenaire Indigo Côte d’Ivoire.

D’une durée de 21 mois, ce projet financé par Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UN PBF) est mis en œuvre depuis décembre 2019 et prendra fin le 10 septembre 2021. Une évaluation finale s’avère nécessaire pour mesurer les résultats (changements produits directement par l’action) et les effets, l’efficacité et la qualité du travail réalisé, les approches développées et les leçons apprises lors de la mise en œuvre afin d’arriver à formuler des orientations susceptibles d’améliorer les prochaines interventions d’Interpeace, du fonds des NU de consolidation de la paix (UNPBF), ainsi que d’autres organisations qui travaillent sur la même thématique. Le choix d’une évaluation externe a été privilégié afin de contribuer à assurer l’indépendance, l’impartialité et la crédibilité du processus. Interpeace prévoit que l’évaluation commencera fin août 2021 et nécessitera 30 jours de travail (dont minimum 10 jours pour la collecte de données terrain dans les communes de Yopougon et Abobo, à Abidjan), répartis sur une période de deux mois.

 B. Contexte                                                                              

Résumé du projet

Depuis la fin de la crise sociopolitique en 2011, la situation en Côte d’Ivoire est stable et la reconstruction du pays avance avec de grands projets d’infrastructure lancés par l’État. Toutefois malgré les indices croissance économique, la situation sociopolitique reste fragile. Des tensions entre les communautés existent au sein de la ville d’Abidjan et dans la zone forestière de l’ouest, les deux zones abritant une grande partie des tensions et de la violence qui affectent la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie. Pour accompagner le départ en 2017 de l’opération de maintien de la paix menée par l’ONU et l’OTAN (ONUCI), ainsi que le processus de réconciliation et de reconstruction national, le Bureau d’Appui à la Consolidation de la Paix (PBSO) finance des projets dans le cadre initial d’un plan prioritaire, et, depuis 2018, dans le cadre du Programme d’Appui à la Consolidation de la Paix (PACOP). C’est dans le cadre de ce PACoP et à travers l’appel à projet annuel de type Gender and Youth Peace Initiative (GYPI) lancé par le PBF, que ce projet a été proposé.

Au cours de l’année 2020, la Côte d’Ivoire est entrée dans un nouveau cycle électoral pour le renouvellement des instances nationales et locales en charge de la gouvernance de la vie publique. Dans un contexte où, depuis l’ouverture du pays au multipartisme en 1990, toutes les élections ont été marquées par des confrontations, intra- et intercommunautaires il était urgent de prendre des mesures de prévention de la violence politique. Au regard du risque de manipulation de la jeunesse en ce sens, et en s’inscrivant dans l’approche de l’agenda « Jeunes, Paix et Sécurité (YPS) » de l’ONU, le projet avait pour objectif général d’améliorer la participation des jeunes en tant qu’acteurs et leaders dans la consolidation de la paix, en renforçant leurs capacités d’analyse et d’action en matière de prévention de la violence politique en Côte d’Ivoire.

Pour ce faire, Interpeace et son partenaire Indigo Côte d’Ivoire ont sélectionné une quarantaine de jeunes déjà actifs pour la paix et issus de 8 initiatives locales à Abobo et Yopougon, ainsi que 7 mentors pour les accompagner. Le projet leur a transmis la méthode de la Recherche Action Participative (RAP), afin qu’ils mènent une étude de terrain participative et inclusive pour comprendre les dynamiques de participation à la violence politique et les leviers de prévention. Les jeunes ont également renforcé leurs compétences en gestion de projet et en communication, grâce à des formations. Chaque initiative a ensuite été appuyée dans le développement de plans d’actions communautaires pour répondre aux défis de cohésion sociale spécifiques à leur quartier et réduire les facteurs de risque de violence politique, en appliquant les enseignements reçus. Pour soutenir la mise en œuvre de ces actions communautaires et étudier les demandes de fonds déposées par les initiatives, un groupe de soutien technique et financier constitué par les représentants de chaque initiative a été formé. Ce groupe, appelé MEcanisme PArticipatif-pilote de Soutien technique et financier (MEPAS), qui apporte un soutien technique et financier « par les jeunes pour les jeunes », est appelé à perdurer pour soutenir d’autres initiatives locales de cohésion sociale à Yopougon et Abobo. Le projet avait enfin pour ambition de porter ces résultats et promouvoir l’approche « YPS en pratique » auprès de décideurs nationaux et internationaux actifs dans le domaine de la consolidation de la paix. La création de ponts entre les jeunes leaders du projet et les décideurs montrera comment mieux optimiser l’implication de la jeunesse ainsi que leur collaboration sur les questions de paix et sécurité.

Le projet est innovant en ce qu’il approche les jeunes non pas comme bénéficiaires ou simples «participants », mais comme leaders d’initiatives de prévention de la violence politique. Ces derniers ont été renforcés dans leurs capacités à accompagner d’autres jeunes de leurs quartiers en matière de participation des jeunes à la prévention de la violence politique, catalysant ainsi davantage d’actions contribuant à la réalisation de l’approche et des objectifs de l’agenda YPS. Par ailleurs, le portage des résultats du projet, en termes d’analyses et d’expérience-pilote, auprès des acteurs de consolidation de la paix, permettra de nourrir d’autres actions YPS en cours, y compris celles financées par le PBF.

Ce projet est motivé par deux facteurs : 1- la volonté de prévenir la violence politique portée par les jeunes en Côte d’Ivoire, et 2- celle de mettre en œuvre de manière pratique l’agenda « Jeunes, Paix et Sécurité » (YPS). Ce dernier est né de la résolution 2250 du Conseil de Sécurité de l’ONU (2015), et a été poursuivi à travers l’étude indépendante sur les jeunes, la paix et la sécurité : « Les absents de la paix » (2018), la résolution 2419 du Conseil de Sécurité (2018) et le rapport du Secrétaire général publié en mars 2020. La résolution 2250 du Conseil de sécurité, reconnait la contribution positive de la jeunesse aux efforts de maintien et de promotion de la paix et de la sécurité, ainsi que l’énorme potentiel des jeunes pour la réussite du programme pour la paix et la sécurité et la réalisation des objectifs de développement durable. La résolution 2419, basée en partie sur l’étude indépendante « les absents de la paix », exhorte les parties prenantes à prendre en compte les points de vue des jeunes et à faciliter leur participation pleine et égale aux processus de paix et de prise de décision à tous les niveaux. En outre, la résolution demande au Secrétaire général de présenter un rapport sur l’application des résolutions 2419 et 2250 sur les jeunes, la paix et la sécurité – rapport présenté en mars 2020.

Ce projet s’aligne également sur les priorités de l’Etat en matière de consolidation de la paix et de cohésion sociales, telles que définies dans le PACoP.

Théorie du changement du projet

SI des jeunes femmes et jeunes hommes leaders, issus de différents milieux, sont accompagnés et renforcés dans leurs capacités d’analyse, de leadership, d’actions en synergie, d’évaluation et de plaidoyer en matière de prévention de la violence politique,

Et SI des ponts sont créés entre les jeunes et les décideurs politiques,

ALORS les jeunes pourront s’impliquer de manière (plus) pertinente, stratégique et efficace dans la prévention de la violence politique ET les décideurs politiques valoriseront et privilégieront leur participation sur les questions de paix et de sécurité,

PARCE QUE la compréhension des risques et processus de mobilisation des jeunes dans la violence politique aura été approfondie avec les jeunes ; que des leviers de renforcement de la résilience des jeunes à la violence auront été identifiés et testés par les jeunes leaders ; et que ces derniers auront été capables de porter les résultats de ces analyses et actions eux-mêmes auprès des acteurs politiques concernés.

Résultats attendus du projet

  • Résultat 1 : Les jeunes leaders sont capables demener eux-mêmes une analyse critique de la participation de la jeunesse à la violence politique et à la consolidation de la paix.
  • Résultat 2 : Les initiatives des jeunes ciblées en prévention de la violence sont plus stratégiques, inclusives, synergiques et impactantes.
  • Résultat 3 : Les jeunes leaders et les décideurs politiques nationaux et internationaux savent mieux comment optimiser l’implication de la jeunesse ainsi que leur collaboration sur les questions « Jeunes, paix et sécurité (YPS) ».

Activités clés :

  • La cartographie et la sélection, dans deux quartiers sensibles d’Abidjan, de 7 initiatives contribuant à renforcer la cohésion sociale et/ou à prévenir la violence politique, menées par 35 jeunes leaders et 7 mentors.
  • La formation, le coaching et l’accompagnement de ces jeunes leaders dans l’utilisation de la recherche-action participative (RAP), des compétences de programmation et de leadership, en vue d’améliorer l’impact de leurs initiatives.
  • La mise en place d’un Mécanisme Participatif-pilote de Soutien technique et financier (MEPAS) où les jeunes leaders sont en mesure de sélectionner, financer et accompagner d’autres initiatives de jeunes, ainsi que les leurs, dans leur quartier pour générer un changement positif.
  • La diffusion par les jeunes leaders de messages sur leur impact positif, par le biais de divers canaux médiatiques et directement auprès des autorités locales, des ministères et des organisations internationales (notamment les agences des Nations unies) actives dans le domaine de la jeunesse et de la cohésion sociale.
  • La documentation et la dissémination des résultats, des bonnes pratiques et des leçons apprises du projet afin d’informer les acteurs nationaux et internationaux sur le rôle positif joué par les jeunes dans la réduction de la violence et la cohésion sociale, et sur la manière de rendre l’agenda YPS opérationnel en mettant véritablement les jeunes aux commandes des processus de paix et sécurité.

Informations générales du projet :

Budget du projet : 509 467 USD

Durée du projet : 21 mois (11 décembre 2019 – 10 septembre 2021)

 

C. Justification et objectifs 

L’évaluation finale répond à l’obligation de résultats et à notre volonté d’apprendre et de nous développer. Elle sera utilisée pour comprendre l’impact du projet, les changements observés et les leçons à tirer pour guider notre programmation future auprès des jeunes au sein et en dehors des frontières de la Côte d’Ivoire.

En étroite collaboration avec toute l’équipe du projet, y compris le partenaire du projet Indigo CI et les communautés bénéficiaires, le ou la consultant.e aura à mener une évaluation finale avec les objectifs globaux suivants:

1.Apprécier les résultats et les effets atteints par le projet, en se référant au cadre logique du projet (indicateurs et résultats attendus), en termes d’impact réel sur :

    • la prise en compte de l’agenda Jeunes, Paix et Sécurité par les décideurs nationaux et internationaux actifs dans le domaine de la paix,
    • la capacité des jeunes ciblés à être acteurs de paix,
    • la capacité des jeunes non-ciblés à être acteurs de paix et à ne pas être mobilisés pour des violences politiques,
    • la violence politique et la cohésion sociale dans les communes d’Abobo et Yopougon,
    • l’égalité des genres, l’autonomisation des femmes et des plus jeunes.

2. Apprécier l’efficacité de l’approche méthodologique utilisée par le projet, nos activités et nos méthodes par rapport aux résultats attendus. Cela doit inclure une évaluation des approches utilisées auprès des initiatives de jeunes ;

3. Identifier les bonnes pratiques à renouveler et les leçons à tirer des résultats et défis rencontrés dans la mise en œuvre du projet ;

4. Sur base des points ci-dessus, formuler des recommandations concrètes et spécifiques pouvant guider les prochaines interventions d’Interpeace.

Les résultats de cet exercice bénéficieront à Interpeace, Indigo CI, à l’Etat de Côte d’Ivoire, au Système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, au Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UN PBF) mais aussi à d’autres ONG, bailleurs internationaux et décideurs politiques engagés sur les questions de l’engagement des jeunes dans les efforts de consolidation de la paix et la sécurité en Côte d’Ivoire et à dans d’autres pays.

D. Questions clés de l’évaluation

Les questions ci-dessous sont indicatives et orientent l’évaluateur.trice vers le type d’informations qu’il.elle devra rechercher et analyser. Les aspects sur la prise en compte du genre et de l’âge devraient être adressés individuellement et comme partie intégrante des autres questions. En effet, l’égalité des sexes et la promotion de l’autonomisation des jeunes et des femmes sont des éléments essentiels du projet. Les questions en gras sont celles qui intéressent plus particulièrement Interpeace et Indigo.

Pertinence :

  • Les différentes parties impliquées croient-elles que le projet fût approprié au vu du contexte et des dynamiques de paix et conflit dans les zones ciblées ?
  • Le projet était-il approprié selon la vision de l’Etat en matière de consolidation de la paix et de cohésion (était-il aligné sur le PACoP ?) ;
  • L’équipe du projet a-t-elle utilisé les stratégies les plus appropriées par rapport au contexte ? Spécifiquement, analyser les stratégies suivantes : 1. Sélection et formation des jeunes ; Auto-analyse par les jeunes par la recherche-action participative ; 3. Accompagnement stratégique et méthodologique des initiatives de jeunes ; 4. Mise en place d’un Mécanisme Participatif-pilote de Soutien technique et financier (MEPAS) 5. Communication et portage politique.

Efficacité :

  • Dans quelle mesure les objectifs ont-ils été atteints ?
  • Quels sont les résultats, directs et indirects, positifs et négatifs, voulus et non voulus, immédiats et à long terme du projet, y compris selon les progrès des indicateurs dans le cadre de résultats du projet ? Quels changements peuvent être constatés dans les attitudes, comportements, relations ou pratiques au sein des localités cibles ou autres localités ? auprès des participants et parties prenantes ? auprès de personnes non-liées au projet si pertinent ?
  • Quels sont les principaux facteurs ayant influencé la réalisation ou la non-réalisation des objectifs ?
  • Dans quelle mesure le projet a-t-il contribué aux produits et effets du PACoP ?

Efficience :

  • Dans quelle mesure les structures, les outils et les mécanismes développés pour la mise en œuvre du projet aux niveaux institutionnel, financier, administratif et programmatique ont permis l’effectivité et efficacité du projet ?
    • Les ressources humaines et financières ont-elles été utilisées de manière économique ? Les ressources (fonds, personnel, temps, expertise, etc.) ont-elles été affectées de manière stratégique pour obtenir les résultats ?
    • Les ressources utilisées pour la promotion du genre correspondent-elles aux ressources planifiées à cet effet lors de la formulation du projet ?
    • Dans quelle mesure les fonds et les activités du projet ont-ils été livrés dans le respect des délais ?
  • Quelles ont été les forces et les faiblesses du partenariat entre Indigo Côte d’Ivoire et Interpeace dans le cadre de la mise en œuvre du projet ?
  • Comment le projet s’est-il adapté aux défis rencontrés ?
  • Dans quelle mesure les systèmes de S&E utilisés permettent-ils d’assurer une gestion efficiente et efficace du projet ?

Durabilité

  • Est-ce que le projet a contribué à des changements durables ?
  • La collaboration entre initiatives des jeunes leaders va-t-elle vraisemblablement perdurer après le départ du projet ?
  • Les jeunes leaders sont-ils à même d’utiliser les enseignements et mécanismes du projet (notamment le MEPAS) pour améliorer la cohésion sociale dans leurs quartiers, prévenir la violence politique et favoriser l’engagement des jeunes dans la paix et la sécurité ? Si oui, comment ? Le projet a -t-il recherché et réussi à trouver des effets catalytiques, programmatiques ou financiers ?

Impact

  • Dans quelle mesure le projet a-t-il contribué à l’auto-analyse et au renforcement du leadership des jeunes dans la prévention de la violence politique en Côte d’Ivoire ?
    • Dans quelle mesure l’approche utilisée par le projet a-t-elle réellement permis de rendre les initiatives plus stratégiques et plus efficaces dans leurs actions de cohésion sociale ?
    • Dans quelle mesure l’approche utilisée par le projet a permis d’améliorer la cohésion sociale et de prévenir la violence politique dans les quartiers ciblés ?
    • Dans quelle mesure les personnes engagées dans les activités de plaidoyer vont-elles changer leur approche quant à l’inclusion des jeunes dans les questions de paix et de sécurité et la conception de projets ou programmes YPS ?
  • Les résultats soutiennent-ils la théorie du changement du projet ?
  • L’approche du projet a-t-elle influencé d’autres localités et acteurs que celles et ceux visés directement par le projet ? (spillover effect)
  • Les acteurs locaux, nationaux et internationaux ont-ils été convaincu par l’approche du projet ? Cette approche a-t-elle transformé leur comportement ? Ont-ils exprimé l’intention de mettre en œuvre les recommandations et bonnes pratiques du projet dans d’autres situations que celles visées par le projet ou dans d’autres programmes ?
  • Dans quelles conditions l’approche utilisée par ce projet pourraient être répliquée et à quelle fin ? Comment cette approche pourraient-elle être améliorée ?

Cohérence

  • Quelle est la cohérence de ce projet avec le PACoP et la programmation globale d’Interpeace et Indigo en Côte d’Ivoire ? Comment le programme s’est-il construit sur et a interagi avec le PACoP et les autres projets menés dans le pays ?
  • Comment le projet a-t-il interagi et collaboré avec les autres projets financés par le PBF ou autres bailleurs sur les thèmes de la prévention de la violence et du rôle des jeunes ?

Questions transversales :

  • Quelle a été l’efficacité des efforts déployés par le projet pour intégrer la dimension du genre et de l’âge dans la stratégie du projet ? Plus spécifiquement :
    • Dans quelle mesure et avec quel succès le projet a-t-il promu la participation et l’autonomisation des femmes et des moins de 25 ans ?
    • Dans quelle mesure le regard des plus de 35 ans a-t-il changé sur les moins de 35 ans ?
    • Dans quelle mesure le regard des hommes/garçons a-t-il changé sur les femmes/filles ?
    • Dans quelle mesure les femmes, les moins de 25 ans et les moins de 35 ans ont changé leur regard sur eux-mêmes ?
  • Dans quelle mesure le projet a-t-il adhéré aux principes du “Do no Harm” et fait appel à la sensibilité aux conflits lors de sa mise en œuvre ?
  • Quelles recommandations donneriez-vous pour améliorer un programme de ce type ?
  • Quelles leçons apprises seraient bénéfiques à d’autres acteurs travaillant sur cette problématique ?

Droits fondamentaux

  • Dans quelle mesure les personnes aux conditions de vie précaires, les populations autochtones et non-autochtones (ou perçues comme telles), les personnes avec un handicap, les femmes et d’autres groupes défavorisés ou marginalisés ont-elles bénéficié des interventions du projet.

E. Calendrier, méthodologie et résultats attendus

  1. Calendrier et durée de l’évaluation

Cet exercice devra permettre de collecter les données quantitatives et qualitatives en lien avec les résultats escomptés ou non afin d’apprécier la pertinence, la cohérence, l’efficacité, l’efficience, la durabilité du projet ainsi que la prise en compte des Droits Humains et l’égalités des sexes selon les critères d’évaluation de OCDE-DAC.

Le projet prenant fin le 10 septembre 2021, l’évaluation commencera en août 2021, nécessitera 30 jours de travail (dont un minimum de 10 jours pour la collecte de données terrain dans les communes de Yopougon et Abobo, à Abidjan) répartis sur une période de deux mois. Le calendrier final sera convenu avec le (la) consultant(e) sélectionné(e).

Dans le cadre de cette évaluation, le (la) consultant (e) va recourir aux différentes méthodes de collecte d’information : examen des documents clés du projet ; observation directe sur le terrain ; entretiens avec individus ciblés et groupes des discussions. Le(La) consultant(e) utilisera aussi les données collectées par le partenaire, ainsi que les résultats des différentes enquêtes produite pendant le projet.

Le(la) consultant(e) est invité(e) à utiliser ou proposer des méthodes participatives et inclusives, davantage qualitatives, telles que : des entretiens, des discussions de focus groupes, une récolte des incidences (Outcome Harvesting), l’analyse des changements les plus significatifs (Most Significant Change), etc. La méthodologie utilisée devra démontrer sa sensibilité au genre, à l’âge, aux conflits et aux autres biais potentiels afin de garantir sa rigueur.

Le/les consultants devront proposer et appliquer un cadre conceptuel d’analyse en cohérence avec l’approche participative et de consolidation de la paix d’Interpeace et d’Indigo. L’évaluation du projet devra être objective, tandis que l’exercice d’apprentissage et de réflexion doit être un exercice consultatif et participatif.

Le ou les consultants pourront suivre une évaluation basée sur les résultats du projet. Pour cela ils pourront se baser sur les données du projet et parties constitutives du système de suivi-évaluation préexistantes : proposition de projet, budget, cadre logique, bases de données,  rapports de mission, débriefings des séances de dialogue, etc. pour effectuer un premier niveau d’évaluation.

Une attention particulière sera prêtée à la prise en compte des mesures de santé publiques relatives à l’épidémie de COVID-19, et à leur impact sur les méthodes utilisées. Le nombre de participants aux discussions de groupe lors des visites de terrain sera limité, dans le respect des gestes barrières et à l’extérieur lorsque cela sera possible. Les candidat(e)s devront présenter dans leur candidature les mesures de contingence et de protection prévues pour garantir la santé des équipes et des personnes impliquées, tout en permettant une participation et inclusivité de qualité.

L’évaluation suivra les étapes suivantes :

  • La documentation clé du projet sera remise au consultant(e) et inclura, entre autres, les documents du projet, les différentes enquêtes, le cadre logique. Certains documents sont déjà librement accessibles en ligne.
  • Le(La) consultant(e) développera un document de méthodologie et les questions pour les entretiens et groupes de discussion, qui seront validées ensemble avec l’équipe du projet (en se basant sur les questions clés déjà définies dans les critères de l’évaluation), la base de données des histoires de changement.
  • Des visites de terrain sur les sites seront entreprises pour collecter les données, mener des entretiens et échanger avec les principales parties prenantes au projet. Le travail sur le terrain se déroulera notamment dans les communes de Yopougon et d’Abobo, à Abidjan, auprès des membres des initiatives de jeunes sélectionnées pour le projet, des personnes impliquées dans la phase de recherche et si désiré d’autres membres des communautés n’ayant pas été impliqués directement par le projet. L’équipe du projet fournira des listes des parties prenantes du projet, parmi lesquels le(la) consultant(e) pourra sélectionner son échantillon pour les interviews et les discussions de groupes. L’équipe du projet pourra également accompagner le(la) consultant(e) pendant l’évaluation.
  • Les interviews et les discussions de groupes seront organisées avec les staffs Interpeace et les staffs Indigo, les autorités, la conseillère et l’analyste en paix et développement du bureau du Coordinateur Résident, les membres et leaders des communautés impliqués dans le projet.
  • L’analyse des résultats qualitatifs et quantitatifs. Le cadre logique défini au début du projet, la base de données des histoires de changements, les entretiens et focus groups serviront de référence à la collecte des données. Toutes les données récoltées devront faire partie d’une analyse compréhensive.
  • Débriefing post-collecte : Juste après la fin de la collecte, l’évaluateur facilitera une réunion de restitution avec l’équipe du projet (Interpeace et Indigo CI), et si elles sont disponibles, les conseillère et analystes paix et développement du Bureau du Coordinateur résident, ainsi que la personne chargée de coordonner les projets PBF, pour présenter ses premières conclusions et recommandations, et enrichir ses observations par une discussion avec l’équipe du projet.
  • Un rapport provisoire contenant les analyses et les résultats de l’évaluation conformément aux TDR sera partagé avec les membres de l’équipe du projet, la conseillère et l’analyste paix et développement du bureau du UNRC et la personne chargée de coordonner les projets PBF pour commentaires.
  • Un rapport final sera produit et prendra en compte les observations et commentaires d’Interpeace.

La matrice suivante présente les résultats attendus et les étapes du processus de l’évaluation. Les dates indiquées sont indicatives et sont susceptibles d’évoluer.

Etape Résultas Parties responsables Date d’échéance
Processus de planification initiale Contrat d’évaluation signé Interpeace Au plus tard une semaine après la sélection du consultant (e)
Partage des documents pertinents Interpeace Au plus tard une semaine après la sélection du consultant (e) – 23 août
Réunion de lancement Interpeace 30 août
Rapport initial comprenant une méthodologie actualisée, des questions d’orientation, des outils d’évaluation et un plan de travail d’évaluation

 

Consultant (e) Au plus tard une semaine après la réunion de lancement de l’évaluation – 3 septembre
Rapport initial approuvé, méthodologie finale, outils d’évaluation et plan de travail.

 

Identification et facilitation des contacts entre les évaluateurs et les points focaux d’Interpeace et d’Indigo.

Groupe de référence Au plus tard une semaine après la présentation du rapport initial – 8 septembre
Travail de terrain Facilitation des déplacements vers le terrain (Yopougon, Abobo) et des participants vers les lieux d’évaluation.

 

Fourniture d’un soutien logistique, y compris l’organisation de réunions avec les parties prenantes selon les besoins du consultant (e)

 

 

 

Interpeace et Indigo CI Dans la semaine suivant la présentation du rapport initial et pendant le travail sur le terrain – 13-27 septembre
Entretiens avec les parties prenantes et discussions de groupe avec les employés d’Interpeace, d’Indigo, les membres et leaders de la communauté, les autorités locales, régionales et nationales, les organisations de la société civile, le bailleur. Consultant (e) avec le soutien logistique d’Interpeace et Indigo A conclure dans les 15 jours suivant l’arrivée en Côte d’Ivoire (si consultant international).  – 13-27 septembre
Rapports Présentation ppt à la fin de la phase de travail sur le terrain résumant l’état d’avancement de l’évaluation, en soulignant les changements apportés au calendrier d’évaluation et en fournissant des conclusions provisoires. Consultant (e) A la fin du travail de terrain. – 27 septembre
Première version du rapport d’évaluation et présentation des résultats à l’équipe. Voir ci-dessous pour les questions d’évaluation indicatives et la structure de rapport prévue. Consultant (e) Dans les 15 jours suivant la fin du travail sur le terrain. – 8 octobre
Envoi de commentaires du Groupe de référence au / à la consultant/e Groupe de référence Dans les 5 jours suivant la présentation de la première version de l’évaluation à l’équipe – 15 octobre
Rapport final d’évaluation tenant compte des commentaires sur le projet de rapport. Consultant (e) Dans les 5 jours suivant la fin du travail sur le terrain – 22 octobre
Réponse du groupe de référence Groupe de Référence Dans la semaine suivant la présentation du rapport final – 31 octobre

Le groupe de référence comprendra : des membres d’Interpeace (programme et spécialistes suivi/évaluation), d’Indigo (direction et équipe projet), la conseillère et/ou l’analyste paix et développement auprès du coordinateur résident des NU et la personne coordonnant les projets PBF en CI.

F. Rapports et retour d’information 

Le(La) consultant(e) organisera une (ou plusieurs) réunion(s) de restitution pour le bureau d’Interpeace. Ce sera l’occasion de faire un compte rendu de l’évaluation et d’échanger des points de vue sur les conclusions et recommandations préliminaires.

Le rapport d’évaluation comprendra un texte principal de 30 pages maximum avec des conclusions et des recommandations. Le rapport devra être structuré de la manière suivante :

Acronymes

Résumé

  1. Introduction et contexte
  2. Méthodologie
  3. Principales conclusions
    • Pertinence
    • Efficacité
    • Efficacité
    • Durabilité
    • Impact
    • Cohérence
    • Questions transversales
  4. Évaluation globale
  5. Défis
  6. Meilleures pratiques et enseignements tirés
  7. Recommandations pour l’amélioration

Annexes :

  • Trois études de cas concernant ce qui a bien ou mal fonctionné et visant à illustrer les changements atteints (ou pas) au format écrit, photo ou vidéo (Avoir des cas variés, prendre en compte la dimension du genre, et si possible utiliser des citations et des histoires personnelles)
  • Termes de référence de l’évaluation
  • Liste des documents évalués
  • Liste des personnes interrogées
  • Matrice d’évaluation pour la prise en compte de l’âge et du genre (critères, approche, modèle…)
  • Présentation des changements identifiés liés aux cinq types de changements identifiés

G. Qualifications

Nous recherchons un(e) consultant(e) externe pour réaliser l’évaluation. Il ou elle sera accompagné(e) par les équipes d’Interpeace et d’Indigo Cote d’Ivoire et rendra compte à la Manager du Programme Côte d’Ivoire et à la Chargée d’Appui au Programme.

Le(la) consultant(e) devra avoir au minimum les compétences et l’expérience suivantes :

Expérience

  • Diplôme d’études supérieures en Consolidation de la Paix, Développement, Gestion de Projet, Sciences Sociales ou autre domaine similaire ;
  • Connaissance et expérience d’au moins 3 ans dans le domaine de la gestion et transformation des conflits, ou consolidation de la paix ;
  • Expérience avérée d’au moins 05 ans dans les évaluations qualitatives de projets ;
  • Expérience et compétences prouvés dans la rédaction de rapports d’évaluation dans le domaine de la cohésion sociale, consolidation de la paix, gestion de conflit ou équivalent (un échantillon d’au moins 2 rapports écrits par le/la candidat/e doivent être fourni) ;
  • Excellentes compétences en français, tant à l’oral qu’à l’écrit ;
  • Connaissance des réalités culturelles, économiques et sociales et politiques de la Côte d’Ivoire, un plus ;
  • Connaissance des enjeux liés à la mise en œuvre de l’Agenda Onusien Jeunes, Paix et Sécurité (YPS) et/ou de processus liés à la prévention des violences politiques et électorales, en particulier en Côte d’Ivoire, un plus.

Savoirs-faire et savoirs-être :

  • Recherche qualitative,
  • Méthode (aptitude à développer des instruments robustes pour collecter des données pertinentes),
  • Analyse (traduire les observations en leçons, percevoir les changements sur les participants et cibles directes et indirectes, analyser leurs causes, comprendre les échecs),
  • Communication et relations interpersonnelles (écouter activement, interagir avec différents publics : jeunes ciblés et non ciblés, mentors, personnalités politiques, équipe projet),
  • Créativité et sens de l’innovation,
  • Passionné(e) par le changement social,
  • Ouverture et capacités d’adaptation,
  • Promotion de l’apprentissage (pour les autres et pour soi),
  • Maitrise courante du français,
  • Compétences rédactionnelles fortes.

H. Instructions pour la soumission des propositions 

Interpeace invite les fournisseurs de services qualifiés à soumettre une offre pour fournir les services décrits dans les termes de référence ci-dessus, et qui font partie intégrante de la présente demande de proposition (DP).

Le soumissionnaire supportera tous les coûts liés à la préparation et à la soumission de sa proposition, et Interpeace ne sera pas responsable de ces coûts, qu’ils soient directs ou indirects, quel que soit le déroulement ou le résultat de l’appel d’offres, ni si l’appel d’offres est annulé, modifié ou reporté pour quelque raison que ce soit. Cela inclut, mais n’est pas limité à, tous les coûts encourus pour les clarifications de la pré-proposition, les présentations orales, les visites sur site, et les réunions et négociations ultérieures.

Toutes les offres doivent être préparées en français. Les offres doivent comprendre les documents suivants :

  1. Proposition technique (maximum 4 pages)

Les termes de référence (TdR) des services demandés par Interpeace figurent ci-dessus. La proposition technique doit comprendre les informations suivantes :

a. Description du prestataire de services et de l’adéquation de ses qualifications à celles décrites dans les TdR.

b. Nombre de projets similaires et achevés avec succès, nombre de projets similaires actuellement en cours.

c. Toute autre information qui facilitera l’évaluation de la fiabilité du prestataire de services et de sa capacité à fournir les services. Il peut s’agir de descriptions des évaluations conduites pour des organisations similaires, et de la description de l’expérience et des connaissances dans le l’évaluation de projets de consolidation de la paix, ou sur la mise en œuvre de l’agenda YPS et/ou en Côte d’Ivoire.

d. Proposition de méthodologie, d’approche et de plan de mise en œuvre : La proposition doit démontrer la réponse du proposant aux termes de référence, identifier les éléments spécifiques proposés, la manière dont les exigences seront traitées, démontrer comment la méthodologie proposée répond ou dépasse les spécifications.

  1. Offre financière (maximum 1 page)

Votre offre financière séparée doit contenir une offre globale dans une seule monnaie (USD).

L’offre financière doit couvrir tous les services à fournir conformément aux termes de référence et indiquer le nombre de jours prévus pour l’ensemble de la consultance. Le prix doit être “tout compris” et ne pas dépasser le seuil de USD 19 000.

Le coût de la préparation d’une offre et de la négociation d’un contrat, y compris tout déplacement lié, n’est pas remboursable et ne peut être inclus comme coût direct de la mission.

  1. Un CV mis à jour.

Les candidats, s’ils sont présélectionnés, devront ensuite soumettre des échantillons de travaux pertinents en français et des références.

Toutes les offres pour fournir les services décrits dans le présent appel d’offres doivent être soumises par courrier électronique à samain@interpeace.org avant le 26 juillet (minuit, heure Abidjan).

Merci d’inclure dans l’objet de l’e-mail de candidature “Evaluation projet YPS” pour être pris en compte.

En raison du grand nombre de candidatures, Interpeace ne pourra répondre qu’aux seul(e)s candidat(e)s présélectionnés. Nous vous remercions pour votre compréhension.

La participation à cet appel d’offres implique l’acceptation des conditions générales fournies.

Interpeace apprécie la diversité de son personnel et vise à atteindre une plus grande parité entre les sexes à tous les niveaux de son travail. Nous acceptons les candidatures des femmes et des hommes, y compris celles des personnes handicapées.