RDC : des groupes consultatifs de médiation pour renforcer la cohésion sociale à Beni et en Ituri

27 mars, 2023

C’est une vĂ©ritable approche pour aider les communautĂ©s de l’Est de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) victimes des violences armĂ©es Ă  se rĂ©concilier. En appui aux efforts du gouvernement, les provinces de l’Ituri et le Grand Nord-Kivu disposent actuellement d’environ 50 acteurs engagĂ©s dans la mĂ©diation pour prĂ©venir ou rĂ©soudre certains enjeux conflictuels. Parmi ceux-ci, figurent notamment les conflits fonciers, les conflits de pouvoirs coutumiers, les conflits de limites administratives ou encore les conflit liĂ©s Ă  l’exploitations des ressources naturelles et l’activisme des groupes armĂ©s.

DĂ©nommĂ©es Groupes consultatifs de mĂ©diation (GCM), deux structures d’animateurs de paix regroupent les membres des institutions publiques et de la sociĂ©tĂ© civile, y compris les associations des femmes et des jeunes. La premiĂšre a Ă©tĂ© mise en place Ă  Bunia en octobre 2022 et la seconde Ă  Beni en janvier 2023, dans le cadre du projet soutien Ă  la mĂ©diation et la rĂ©silience pour la paix financĂ© par l’Union europĂ©enne.

L’initiative est menĂ©e par le Consortium pilotĂ© par les organisations Interpeace, Pole Institute, Action pour la paix et la concorde (APC) ainsi que le Centre de la coopĂ©ration internationale de l’UniversitĂ© de New York. Ces plateformes servent pour les sessions de dialogue et la mise en place de plans d’actions favorisant ainsi la rĂ©conciliation intra- et intercommunautaire.

Lors de la mise en place du GCM dans le territoire de Beni en janvier dernier, le reprĂ©sentant du gouverneur de la province, GĂ©dĂ©on Kasereka, a saluĂ© le caractĂšre inclusif de celui-ci avant d’insister sur sa pĂ©rennisation.

« Le Nord-Kivu voudrait avoir un groupe de travail qui soit lĂ©gal parce que vous devez mettre quelque chose qui a une base lĂ©gale. LĂ©gitime, parce que cela doit ĂȘtre constituĂ© par des gens Ă©coutĂ©s dans la sociĂ©tĂ©. Inclusif, parce que toutes les femmes, les hommes et les jeunes sont accrĂ©ditĂ©s par les structures communautaires. Et durable, parce qu’il ne faut pas attacher ce groupe sur un projet », a-t-il fait savoir.

Ainsi dans le souci de rendre le GCM plus opĂ©rationnel, une rĂ©union est tenue chaque fin du mois en vue de procĂ©der Ă  l’élaboration des diffĂ©rents plans d’actions avec des messages de cohabitation pacifique. « Ne laissons pas l’Ituri mourir et ceux qui y vivent. Nous avons dĂ©jĂ  perdu beaucoup de ressources
 Qu’est ce que les gens apprendront de nous », a lancĂ© le chargĂ© de programme au sein d’Interpeace, Christian Vingazi, lors de la discussion de janvier dernier tenue Ă  Bunia. Au cours de celle-ci, la coordinatrice de cette structure en Ituri, Angel Uvon, a appelĂ© Ă  l’engagement de ses membres. « L’objectif de notre groupe consultatif est de contribuer Ă  l’amĂ©lioration de la confiance entre les communautĂ©s. Nous pensons que chacun de nous en tant que fils et fille de cette province a une mission. Et cette mission est d’apporter sa contribution pour l’édification de la paix dans cette province ».

Avant d’en arriver lĂ , ce projet a accompagnĂ© ce groupe consultatif dans le processus de structuration interne et du renforcement des capacitĂ©s de ses membres en transformation des conflits et en techniques de nĂ©gociation et de mĂ©diation. Cette sĂ©rie de formations a Ă©tĂ© Ă©largie aux autres acteurs de mĂ©diation en Ituri, dont les animateurs de l’administration fonciĂšre, les chefs coutumiers membres de la Commission consultative pour le rĂšglement des conflits coutumiers (CCRCC), les dĂ©lĂ©guĂ©es des associations fĂ©minines et les reprĂ©sentants des structures de la jeunesse.

Pour le chef de secteur de Bahema sud, AndrĂ© Kataloho, l’implication du GCM est une nĂ©cessitĂ© pour la pĂ©rennisation des actions du projet. « Nous voudrions que ces activitĂ©s soient continues afin de pĂ©renniser les actions de la paix au sein de nos entitĂ©s. Que ça soit dans la chefferie de Walendu Bindi ainsi que le secteur de Bahema sud. L’implication du GCM est nĂ©cessaire pour que les deux parties en conflit se mettent ensemble pour marcher vers une mĂȘme direction ». Avec beaucoup d’attentes sur le rapprochement des diffĂ©rentes communautĂ©s, le GCM de l’Ituri est composĂ© de 31 membres, dont six femmes, issus de cinq territoires, plus la ville de Bunia. Et celui de Beni regroupe 18 membres, dont une femme. Celui-ci a Ă©tĂ© a Ă©tĂ© orientĂ© Ă  la mise en place d’un mĂ©-canisme d’interconnexion entre le Programme de dĂ©mobilisation, rĂ©insertion communautaire et stabili-sation (P-DDRCS), le CCRCC, le ComitĂ© provincial d’appui Ă  la pacification (CPAP) et la sociĂ©tĂ© civile au niveau local et provincial.