Créer des voies vers une paix durable au Burkina Faso : le lien en action

15 juillet, 2021

Répondre aux besoins immédiats des personnes touchées par les conflits ainsi qu'aux causes sous-jacentes des crises prolongées nécessite une synergie cohérente, une coordination efficace et un engagement à long terme des acteurs humanitaires, de développement et de consolidation de la paix.

La nature rĂ©currente et multiforme des conflits dans le monde aujourd'hui - et en particulier au Burkina Faso – souligne l’importance de ces efforts.

Les acteurs humanitaires et de dĂ©veloppement prennent conscience de la nĂ©cessitĂ© d'investir davantage dans des interventions qui contribuent Ă  mettre fin aux besoins et Ă  renforcer la paix en mĂȘme temps. Conscient de cette situation, le systĂšme des Nations Unies au Burkina Faso a mandatĂ© Interpeace, Ă  travers le Programme des Nations Unies pour le dĂ©veloppement (PNUD), pour mener une Ă©tude qui cartographie les capacitĂ©s de ces acteurs pour l'opĂ©rationnalisation de l'approche nexus humanitaire-dĂ©veloppement-paix.

AprÚs cette analyse Interpeace et le PNUD ont réuni des acteurs clés pour opérationnaliser une plate-forme pour le lien humanitaire-développement-paix dans le pays. L'atelier de deux jours dans la capitale Ouagadougou, du 1 au 2 juillet 2021, a réuni prÚs d'une centaine de participants représentant toutes les parties prenantes concernées.

« MalgrĂ© les dĂ©fis sĂ©curitaires actuels qui rendent les actions sur le terrain difficiles, nous ne devons pas abandonner les populations vulnĂ©rables. C'est le dĂ©fi pour les acteurs de l'humanitaire, du dĂ©veloppement et de la consolidation de la paix, d'oĂč l'importance de rendre le lien opĂ©rationnel au Burkina Faso », a expliquĂ© la coordonnatrice rĂ©sidente du SystĂšme des Nations Unies au Burkina Faso, Metsi Makhetha.

L'étude menée par Interpeace depuis prÚs d'un an a porté sur les mécanismes de coordination des actions, l'adaptation organisationnelle, l'inclusion des acteurs locaux dans le cycle de vie du projet, ainsi que les mécanismes de financement des partenaires techniques et financiers.

« Nous devons insister sur la nécessité d'une approche multidimensionnelle et holistique pour répondre à la nature multidimensionnelle des défis auxquels le Burkina Faso est confronté », a déclaré, le représentant résident du PNUD, Mathieu Ciowela , qui a décrit le nexus comme un accélérateur pour l'agenda 2030 des Nations Unies.

L'une des principales recommandations formulĂ©es par les populations elles-mĂȘmes Ă©tait la nĂ©cessitĂ© de les impliquer davantage tout au long du processus, de l'Ă©valuation de leurs besoins Ă  la mise en Ɠuvre jusqu'au suivi et Ă  l'Ă©valuation des projets.

« Le nexus sera opérationnalisé au Centre-Nord [région] car les acteurs sont désormais sensibilisés à la démarche. Il existe des organisations qui ont déjà intégré l'approche dans la planification de leurs activités. Nous jouerons notre rÎle pour renforcer la synergie d'actions entre tous les acteurs de la région », a expliqué le président du Conseil régional de la région Centre-Nord du Burkina Faso, Adama Sawago.

« L'inclusion de tous est nécessaire pour construire les interventions autour d'outils consensuels qui pourraient renforcer la synergie d'action entre les acteurs et mieux répondre aux besoins des populations » Cette citation est trop répétitive avec la précédente,pas trÚs adapté, a déclaré le directeur général de l'aménagement du territoire, Charles Dalla, qui représentait le ministre délégué chargé de l'aménagement du territoire.

Les participants Ă  l'atelier ont exprimĂ© leur satisfaction quant Ă  la qualitĂ© des donnĂ©es de la recherche d'Interpeace et ont apprĂ©ciĂ© les riches discussions qu'ils ont eues sur les rĂ©sultats. Quelques recommandations ont Ă©tĂ© faites Ă  l'issue de l'atelier qui, si elles sont mises en Ɠuvre, faciliteront l'opĂ©rationnalisation de l'approche nexus.

« Au-delĂ  de la coordination et de la cohĂ©rence des interventions au profit des populations, l'Ă©tablissement d'un lien humanitaire-dĂ©veloppement-paix est un vĂ©ritable accĂ©lĂ©rateur de dĂ©veloppement au Burkina Faso. Il est donc impĂ©ratif de le mettre en Ɠuvre d'urgence en mettant en place une structure crĂ©dible, inclusive et participative, en mobilisant les acteurs politiques et en impliquant les acteurs locaux », a dĂ©clarĂ©, le reprĂ©sentant d'Interpeace au Burkina Faso, Cheick Faycal TraorĂ©.

Certaines des recommandations de l'Ă©tude comprennent : un appel pour que le processus soit validĂ© politiquement et ancrĂ© dans les institutions nationales conformĂ©ment aux mĂ©canismes du rĂ©fĂ©rentiel national de dĂ©veloppement ; la crĂ©ation d'un comitĂ© technique pour soutenir, guider et dĂ©velopper les outils nĂ©cessaires Ă  la mise en Ɠuvre du lien ; dĂ©velopper une base de donnĂ©es interactive qui prĂ©sente, en temps rĂ©el, un aperçu des interventions humanitaires, de dĂ©veloppement et de consolidation de la paix menĂ©es tant par le gouvernement que par les partenaires techniques et financiers ; piloter la nouvelle approche dans les rĂ©gions en premier lieu, en particulier dans les zones oĂč l'Ă©tude a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e et utiliser les preuves et les enseignements tirĂ©s pour l'Ă©tendre au niveau national ; renforcer la coordination, la flexibilitĂ© et la durĂ©e des financements afin de faciliter l'accĂšs des acteurs locaux et en tenant compte des urgences ; renforcer le rĂŽle des acteurs dĂ©concentrĂ©s et dĂ©centralisĂ©s, de la sociĂ©tĂ© civile et des populations concernĂ©es dans le cycle de vie du projet ; et approfondir les travaux de la TroĂŻka – cadre de concertation des partenaires techniques et financiers – sur l'analyse conjointe et le partage des donnĂ©es.

L'étude inclusive d'Interpeace a été réalisée dans trois des régions administratives du pays - la région du Sahel, la région de la Boucle du Mouhoun et la région du Centre-Nord. Les données ont été recueillies à partir d'entretiens individuels, de discussions de groupe et d'une revue de la littérature.