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« Vivre ensemble » malgré un passé de violence cyclique - Identifier les capacités de résilience pour la réconciliation dans la sous-région des Grands Lacs

21 septembre, 2020
Est. Reading: 3 minutes
Crédits photo : CENAP

La réconciliation peut-elle être durable entre les communautés qui ont connu les formes de violence les plus extrêmes ? C'est l'une des questions posées par 150 acteurs de haut niveau, lors d'un forum régional tenu en décembre 2015 à Kinshasa, où ils ont mandaté Interpeace et ses partenaires pour mener une recherche sur les expériences de réconciliation au Burundi, en RDC et au Rwanda, afin d'identifier comment ces expériences peuvent être mises à profit pour accroître la cohésion sociale et soutenir les efforts de consolidation de la paix. Les trois pays forment une sous-région des Grands Lacs qui a été marquée par des décennies de conflits violents, notamment le génocide contre les Tutsis, la guerre civile au Burundi et les première et deuxième guerres du Congo. Notre dernier rapport présente les résultats d'une recherche menée au Burundi, au Rwanda et dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) pour répondre à ce mandat en identifiant les capacités de résilience qui favorisent la réconciliation dans la sous-région.

Le rapport, intitulé « Capacités de résilience pour la réconciliation dans la sous-région des Grands Lacs », est le troisième publié dans le cadre du programme Cross-Border for Peace in the Great Lakes Region, lancé par Interpeace et six partenaires dans la région en 2011. Comme pour la recherche précédente, celui-cia utilisé la recherche-action participative (RAP), combinant des approches qualitatives et quantitatives, et a impliqué plus de 9 000 personnes dans la région - 50 % des participants étaient des femmes et plus de 30 % étaient des personnes de moins de 30 ans.

Faire progresser la réconciliation dans la région des Grands Lacs

Le rapport met en lumière la façon dont la population de la sous-région définit la réconciliation ainsi que les facteurs favorables et les obstacles à la réconciliation. Il met en évidence un certain nombre de capacités existantes dans la sous-région qui permettent aux populations de surmonter la méfiance laissée par des années de conflit et de vivre ensemble en paix. Ces capacités se manifestent à travers des pratiques individuelles, relationnelles, culturelles et institutionnelles, permettant aux communautés de faire face aux conséquences des conflits violents et, plus important encore, de transformer les relations de manière positive et durable. Le rapport présente également des recommandations et des actions prioritaires, formulées par les parties prenantes elles-mêmes, pour faire progresser la réconciliation dans la région.

Parmi les principales conclusions, l'étude souligne l'importance de l'éducation à la paix pour changer les attitudes des individus et des structures, déconstruire les préjugés et les stéréotypes et développer la capacité à vivre ensemble dans un espace régional partagé. En conséquence, les parties prenantes ont recommandé de promouvoir une éducation à la paix qui s'appuie sur les efforts existants des membres de la communauté et qui vise à construire une identité régionale et un sentiment d'appartenance.

Le rapport montre également comment les relations transfrontalières ont joué un rôle majeur dans le renforcement de la résilience aux conflits, malgré les tensions géopolitiques. Les efforts des femmes et des jeunes pour maintenir ces relations malgré et pendant les périodes de conflit ainsi qu'en temps de paix ont été perçus comme une force potentielle à exploiter. Par conséquent, les parties prenantes ont recommandé d'amplifier ces efforts par l'expansion et le renforcement de projets économiques inclusifs des femmes et des jeunes.

Selon l'étude, environ deux tiers de la population de la région ont subi une forme de violence liée au conflit. Le rapport souligne comment les traumatismes résultant des conflits passés et actuels jouent un rôle important dans la vie des populations de la sous-région des Grands Lacs. À ce titre, les parties prenantes ont recommandé de lancer et d'étendre les stratégies nationales et régionales de guérison des traumatismes qui sont conçues pour guérir les blessures du passé ainsi que pour favoriser la réconciliation et la cohésion sociale.

En outre, l'insécurité, et en particulier la prolifération des groupes armés dans l'est de la RDC et ses implications régionales, est apparue comme un défi important pour la durabilité des efforts de réconciliation. Les parties prenantes ont recommandé un apprentissage et une collaboration transfrontaliers en matière de démobilisation et de réintégration socio-économique des anciens combattants.

L'une des principales conclusions du rapport est que la reconnaissance, le renforcement et l'exploitation des capacités de résilience qui existent au Burundi, en RDC et au Rwanda ont le potentiel d'intensifier les efforts pour favoriser une paix et une réconciliation durables dans toute la région.

  • • Lisez le rapport complet en français ici.

  • • Lisez le résumé en français ici.

  • • Lisez le résumé en anglais ici.

Programme transfrontalier pour la paix dans la région des Grands Lacs

The Cross-Border for Peace in the Great Lakes Region programme was launched in 2011 by Interpeace and its partners to address key challenges to peace and reconciliation. The programme is currently in its second phase and is implemented by the following partners: Interpeace, Réseau d'Innovation Organisationnelle (RIO); Action Pour la Paix et la Concorde (APC) in South Kivu; Pole Institute and Centre d'Etudes Juridiques Appliquées (CEJA) in North Kivu; Centre d'Alerte et de Prévention des Conflits (CENAP) in Burundi and Never Again Rwanda (NAR) in Rwanda. This report is the third published under this programme. The first, published in 2013 focused on "Stereotypes and Identity Manipulations” and a second report on "Land, Identity, Power and Population Movements" was published in 2016.