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Ituri : des groupes armés Maï-Maï cessent les hostilités pour intégrer un programme du gouvernement

17 avril, 2023
Est. Reading: 3 minutes

Une ambiance inhabituelle a régné dans la soirée du mardi 28 mars au chef-lieu du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Devant plusieurs autorités politico-administratives et militaires ainsi que les représentants des différentes couches de la population, une forte délégation de six factions des groupes armés Maï-Maï décide de mettre fin aux hostilités et d’intégrer le Programme de désarmement, démobilisation et réinsertions communautaires et stabilisation (P-DDRCS).

Cette avancée est ressortie de deux journées de consultation menées dans cette région par la coordination provinciale du P-DDRCS avec l’appui du Consortium médiation, financé par l’Union européenne.

A la signature de cet acte d’engagement, ces groupes armés de la chefferie des Babila Babombi ont souligné avoir été motivés par l’appel du gouvernement congolais, dans le souci de restaurer la paix et en vue de mettre fin aux multiples exactions dont sont victimes les populations civiles.

« Nous avons saisi l'opportunité accordée par le chef de l'État lançant l'appel à la démobilisation. Nous nous engageons à rejoindre le programme P-DDRCS et le gouvernement congolais sans condition » a souligné le porte-parole de la délégation lors de son discours.

Cette décision a été prise « sur l'invitation de la coordination provinciale de P-DDRCS à cette consultation ». « Nous sommes des groupes armés qui agissent uniquement pour l’autodéfense. Nous voulons que la paix revienne au sein de notre communauté », a ajouté le porte-parole.

Un processus qui lance l’engagement des acteurs

Pour le coordonnateur provincial du P-DDRCS/Ituri, Willy Abibo Sebo Maese, cet acte d'engagement marque également l'intégration de ces groupes armés dans son programme et ceux-ci seront désormais pris en charge par le gouvernement.

Présent à cette cérémonie, le représentant de la 32é brigade de défense principale des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), le colonel Mwimba David a rassuré les signataires et leur a promis l'accompagnement sans faille de l'armée tout au long de ce processus. Quant à lui, l’administrateur du territoire de Mambasa, le commissaire supérieur principal Matadi Muyampandi Jean-Baptiste a appelé toutes les parties prenantes à s'unir comme un seul homme autour de ce processus pour assurer la paix durable au sein de la communauté.

Issus de six factions, ces groupes armés Mai-Mai, ont formulé plusieurs recommandations. Celles-ci portent entre autres sur l’emploi des jeunes et sur la libération et la prise en charge de leurs collègues prisonniers. La restauration de l'autorité de l'Etat dans leurs entités envahies par les Forces démocratiques et alliés (ADF) ou encore la construction du site de désarmement et de démobilisation à Mambasa figurent également parmi leurs souhaits. En outre, ils suggèrent la suspension des activités des exploitants miniers qui créent, selon eux, des conflits au sein de la communauté.

 

Des structures citoyennes satisfaites

La société civile locale, le Parlement des jeunes, le Conseil territorial de la jeunesse et les membres de la communauté locale se sont réjouies tout en appelant ces groupes armés au respect de cet acte d’engagement.

Marie-Noëlle Anotane est la coordinatrice ad intérim de la société civile forces vives en territoire de Mambasa. Elle appelle les autres groupes armés à emboîter le pas à ces entités Maï-Maï pour construire une paix durable. Un point de vue partagé par le responsable du Parlement des jeunes de Mambasa. « Je me félicite de ce courage qu'ont eu ces jeunes pour accepter de quitter la brousse. J'invite les autres jeunes soit de faire de même soit d'intégrer légalement l'armée », a lancé Sulemani Onokoko.

Pendant les deux jours des consultations afin d’aboutir à cette signature, une cinquantaine de participants ont profité de l’occasion pour avoir des explications suffisantes sur la stratégie nationale du P-DDRCS. Ce programme bénéficie du soutien technique du consortium composé de l’ONG Interpeace, de l’Action pour la paix et la concorde (APC), de Pole Institute et de l’Université de New-York, dans le cadre du projet « soutien à la médiation pour la résilience et la paix en Ituri et au Grand Nord-Kivu ».