Helping Kenyan communities find lasting solutions to inter-clan clashes

novembre 12, 2019

Le français suit


It is a sunny morning in Shobtoy village, Doomal, a small village in Banisa constituency in the Mandera county of north-eastern Kenya. A cool breeze softens the heat of the rising sun and people move around with smiles on their faces. This was not the atmosphere few weeks back when people struggled to suppress stubborn tears, spoke with quavering lips and hands trembling.

Shobtoy Village was raided at the time by armed militia, in a retaliatory attack that killed at least 15 people. But there are no noticeable signs of distress here now, until you start talking to people.

In an arid region where water is scarce and many people rely on pastoral farming as a source of livelihood, competition for meagre resources means disputes over land and other resources.

An unnamed elder in Banisa quoted by a local news source said “the Degodia clan does not want this Garre community back in Malka-ruka area and we believe this is the cause of this raid to send that message.”

Early September’s attacks were not the first. Mandera County has suffered several deadly clashes over the years linked to inter-clan conflicts on resource sharing, mainly among the Degodia and Garre clans.

The intercommunal clashes resurfaced in this area near the Kenya-Ethiopian border with revenge attacks fueling violence across borders. The latest attacks are linked to a local militia believed to be from the Degodia clan which attacked Shobtoy village in Doomal, inhabited by the Garre.

Until recently, the surge in violent attacks over the years between the Garre and Degodia clans has given little hope that violence is close to being contained, despite a ceasefire agreed by both clans in July 2014.

But the fears for more violence are fading away. The National Cohesion and Integration Commission (NCIC) of Kenya and Interpeace are working to stem the violence and bring lasting peace between the warring communities, by reconciling them and building trust.

Banisa, Kenya. Photo credit: NCIC

“Our peacebuilding programme with the NCIC has established dialogue spaces in communities, where people are encouraged to identify and report persons carrying out violent activities and fueling clan feud. Now the communities trust the security forces. People in Malka Mari division of Banisa arrested five perpetrators of the latest violence in September and handed them to security forces with an AK47 rifle. The Gare Clan of Banisa also did the same in 2018 when they handed in similar criminals. They no longer hide culprits,” said Hassan Ismail, Kenya Country Representative at Interpeace.

Following the deadly retaliatory clashes in September 2019, the NCIC with support from Interpeace, spearheaded a dialogue meeting in the town of Banisa in Mandera county. The three-day meeting held from 17 to 19 October. Community elders, religious leaders, elected leaders, representatives of parties to the conflict and various peace actors all met and agreed to end the violence between Garre and Degodia clans, and to work together for lasting peace after years of conflict.

Banisa, Kenya. Photo credit: NCIC

“This is the first time, after the July 2014 ceasefire brokered by NCIC, that we are having all stakeholders sit together, dialogue and resolve in writing to end violence and live in harmony,” explained Mr Ismail.

The reconciliation meeting defused the rising tension and saw, for the first time, a written commitment to peaceful coexistence by participants – a hopeful sign for sustainable peace in the troubled Mandera triangle in the Horn of Africa where Kenya, Ethiopia and Somalia meet.

“Many lives were lost. But the speed at which the conflict was contained shows increased resilience of the community and a great shift from the culture of retaliation and revenge. We thank the people of Banisa for taking lead in building their own peace. As NCIC, our main role is to provide facilitation support,” said Dr. Sellah King’oro, Assistant Director of Research, Policy and Planning at NCIC.

The National Cohesion and Integration Commission (NCIC) of Kenya and Interpeace remain committed to providing the most suitable support possible to sustain the peace agreement.

“The NCIC-Interpeace programme funded by the Germany Foreign federal office is a 3-year programme that ends in 2021. We shall continue to support and build capacity of local peace infrastructures so that peace is maintained. The programme will continue to offer more facilitation support to the people of Mandera,” Dr. Sellah added.

Since 2015, the NCIC and Interpeace have carried out research in consultation with communities in Mandera county, identified several impediments to peaceful coexistence and are now helping them to address violent conflict.

Increased tensions between communities have sometimes undermined trust between security forces and the population in conflict-hit regions across Africa. Interpeace is working closely with partners to foster trust and collaboration between the security sector and populations in Kenya and Mali for lasting peace.

Watch Kenya NTV’s news report on the reconciliation meeting in Banisa here.

Kenya’s Elgeyo Marakwet County government has recognized our peacebuilding work and included our intervention on their county profile. You can read more about it on their website here


Aux côtés de communautés kényanes pour des solutions durables face aux affrontements inter-claniques

C’est un matin ensoleillé à Shobtoy Village à Doomal, petite collectivité de la région de Banisa dans le comté de Mandera au nord-est du Kenya. Une brise froide adoucit la chaleur du soleil levant et la population se déplace le sourire aux lèvres. Mais cet environnement n’était pas celui d’il y a quelques semaines lorsque les gens peinaient à éliminer des larmes tenaces et parlaient d’une voix tremblante.

Shobtoy Village était alors attaqué par des milices armées dans des représailles qui a tué au moins 15 personnes. Actuellement, aucun signe distinctif de détresse n’est observé ici, grâce aux efforts récents menés par la Commission nationale kényane pour la cohésion et l’intégration (NCIC) et Interpeace. Cette souffrance ne revient que dans les discussions.

Dans une région aride où l’eau est rare et où de nombreuses personnes puisent leurs revenus dans l’élevage, la compétition pour de maigres ressources signifie souvent des disputes, notamment liées aux terres. Un homme de Banisa, cité par une source locale, a affirmé que « le clan Degodia ne veut plus de cette communauté Garre dans la zone de Malka-ruka » et que « nous croyons que ce message est la raison de ce raid ».

Les attaques de début septembre n’étaient pas les premières. Le comté de Mandera a subi plusieurs tensions mortelles ces dernières années liées aux conflits entre clans sur la répartition des ressources, surtout entre les communautés Degodia et Garre.

Ces violences ont refait surface dans cette zone près de la frontière éthiopienne. Des vengeances les ont alimentées des deux côtés de cette séparation. Et la dernière vague a été lancée par une malice locale qui serait membre du clan Degodia et qui s’en est pris à Shobtoy Village, habité par les Garre.

Jusqu’à récemment, l’augmentation des attaques entre ces deux populations n’avait laissé que peu de perspective d’une possible limitation des violences malgré un cessez-le-feu approuvé par les deux clans il y a cinq ans. Mais cette situation semble s’améliorer. La NCIC et Interpeace oeuvrent pour mettre un terme à la violence et contribuer à une paix durable entre les parties en les aidant à se réconcilier et à établir de la confiance.

« Notre programme de consolidation de la paix avec la NCIC a lancé des espaces de dialogue dans les communautés où la population est encouragée à identifier et signaler des personnes responsables d’activités violentes et d’alimenter des dissensions entre clans », affirme le représentant d’Interpeace au Kenya, Hassan Ismail. « Des personnes ont arrêté cinq perpétrateurs des violences de septembre dans la division Malka Mari de Banisa et les ont remis aux forces de sécurité avec un AK47. Le clan Garre de Banisa avait fait la même chose en 2018. Ils ne cachent plus les responsables », ajoute-t-il.

Banisa, Kenya. Photo credit: NCIC

Après les représailles mortelles de septembre dernier, la NCIC, soutenue par Interpeace, a mené une réunion de dialogue dans la ville de Banisa. Du 17 au 19 octobre, des anciens des communautés, des dirigeants religieux, des élus, des représentants des parties au conflit et différents acteurs de paix se sont rassemblés et ont accepté de mettre un terme aux violences entre les deux communautés et d’œuvrer ensemble à une paix durable après des années de conflit.

C’est la première fois après le cessez-le-feu d’il y a cinq ans, arraché par la NCIC, que tous les acteurs se sont assis en semble, ont dialogué et ont trouvé un compromis, explique M. Ismail. La réunion a désamorcé les tensions grandissantes et a abouti pour la première fois à un engagement par écrit à une coexistence pacifique. Une plateforme prometteuse pour une paix durable dans la zone troublée de Mandera, à la rencontre du Kenya, de l’Ethiopie et de la Somalie.

Banisa, Kenya. Photo credit: NCIC

« De nombreuses vies ont été perdues. Mais la Vitesse à laquelle le conflit a été limité montre la résilience grandissante des communautés et un important changement de la culture de représailles et de vengeance », selon le sous-directeur de la recherche, de la politique et de la planification à la NCIC, Sellah King’oro. « Nous remercions la population de Banisa d’avoir pris la direction de l’établissement de leur propre paix. Notre rôle principal comme NCIC est d’apporter un soutien en termes de facilitation ».

Cette institution et Interpeace restent engagés pour accompagner ces clans vers une paix durable. Ce programme de trois ans, financé par le ministère allemand des Affaires étrangères, est prévu jusqu’en 2021. « Nous allons continuer de soutenir et d’établir des capacités d’infrastructures de paix locales », insiste Mme. Sellah.

Depuis quatre ans, les deux organisations ont mené des consultations dans les communautés, ont identifié plusieurs obstacles à une coexistence pacifique et ont assisté la population pour aborder la question des violences. L’augmentation des tensions entre communautés ont parfois sapé la confiance entre les forces de sécurité et les citoyens dans les régions affectées par des conflits en Afrique. Interpeace oeuvre avec des partenaires notamment au Kenya et au Mali pour améliorer le lien entre ces acteurs.

Vous trouverez sur ce lien le reportage en anglais de la chaîne de télévision kényane NTV.

Le gouvernement du comté d’Elgeyo Marakwet mentionne le travail conjoint de la NCIC et d’Interpeace dans leur profil du comté disponible sur ce lien.