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Bâtir la paix commence dès le plus jeune âge

18 juin, 2019
Est. Reading: 3 minutes
Crédit photo : Interpeace

« Il faut que tout le monde choisisse les règles ». La conclusion d’un jeune de 13 ans, limpide, claque comme une évidence au bout d’une heure et quart d’effervescence puis de réflexion. Comme lui, une vingtaine d’enfants genevois sont venus se frotter, dans les locaux d’Interpeace, à une expérience autour d’un jeu pour mieux se confronter à l’injustice. L’un des neuf ateliers organisés à nouveau cette année dans le cadre des « Bâtisseurs de paix », rencontre de plusieurs centaines d’élèves du secondaire avec les institutions abritées au sein de la Maison de la Paix.

Il aura suffi d’un subterfuge dans un jeu de cartes, d’un groupe de jeunes autorisé à appliquer les règles les plus discriminatoires à l’encontre de leurs camarades, pour provoquer un électrochoc dans l’assistance réunie dans une petite salle d’Interpeace. Les conséquences de ces « superpouvoirs » ne tardent pas à se faire sentir. Parmi elles, l’apprentissage de la position difficile du marginalisé, du vulnérable qui n’a pas voix aux décisions qui l’affectent. Comme dans les conflits ou les situations fragiles où Interpeace opère. « Toutes les règles sont contre moi », souffle avec dépit une participante, sans se départir de son sourire.

« C’est de la tyrannie. Vive la république », lance un autre qui tente de constituer des alliances tout en se disant révolté par le poids attribué à ces camarades qui peuvent tout se permettre. Et certains ne se privent pas d’utiliser cette autorité offerte, faisant ressortir instinctivement les fragmentations qui peuvent faire basculer les sociétés dans la violence. Genre, identité, nationalité, confession religieuse, les pénalités imposées par ces arbitres du jeu reflètent les facteurs de division observées dans certains pays.

La salle incarne autant de diversités sur chacune de ces composantes. Les difficultés constatées dans certains pays sont mentionnées. A chaque fois, le jeune qui en est le ressortissant acquiesce. Certains doutent encore de l’opportunité de faire la paix dans le leur ou avec un Etat avec celui-ci est en guerre. Mais ils entendent malgré tout, souvent réceptifs au besoin d’inclure tous les groupes pour pouvoir peut-être atteindre une paix durable. « Racistes », « sexistes », « inégalitaires », « discriminatoires », les qualificatifs s’enchaînent pour refléter la situation éprouvée face aux règles dans le jeu de cartes comme il aurait pu l’être dans une population entière confrontée aux violences dans des sociétés aux mécanismes injustes. Beaucoup relèvent une frustration. L’importance du contenu d’une décision mais aussi et surtout de comment celle-ci a été prise, la légitimité qu’elle rassemble. Interpeace relève elle-même régulièrement que les jeunes doivent être associés entièrement au dialogue dans la consolidation de la paix. Mais l’expérience n’a pas bénéficié seulement aux enfants. « Un certain nombre de professeurs devraient venir la faire », glisse l’une des enseignantes qui encadrent le groupe. Comme Interpeace le défend dans toute son action, tous les acteurs doivent être pris en compte dans les sociétés.

Crédit photo : Interpeace