Dialogue intergénérationnel: une approche critique pour favoriser la réconciliation et la résilience

Les épisodes de conflits violents et d’instabilité politique ont de graves conséquences sur le tissu social des communautés. Ils alimentent souvent la méfiance générationnelle et mettent en péril la cohésion et l’harmonie sociales. Il paraît peu probable qu’une paix durable soit atteinte si les initiatives de consolidation de la paix ne parviennent pas à combler les écarts générationnels et à favoriser la compréhension et la collaboration entre les membres de la communauté appartenant à différents groupes d’âge. Le dialogue intergénérationnel reste au cœur de l’approche d’Interpeace pour traiter les héritages des conflits, reconstruire la confiance et favoriser une vision commune pour un avenir pacifique et durable. Dans les pays d’Afrique subsaharienne tels que le Rwanda, le Burundi et la Somalie, qui continuent de subir les conséquences des violences passées, y compris le génocide, l’institution collabore avec des organisations locales pour l’établir comme moyen de guérison des traumatismes et de faciliter la réconciliation et la résilience.

La guérison des traumatismes pour renforcer la résilience familiale et communautaire au Rwanda

La transmission intergénérationnelle des traumatismes reste un défi majeur au Rwanda, plus de trois décennies après le génocide contre les Tutsi. Des études ont révélé des niveaux élevés d’héritages des générations plus âgées aux jeunes, en particulier ceux nés après celui-ci.

D’une part, des recherches menées par Interpeace (2020 & 2023) ont révélé que les parents survivants du génocide transmettent aux jeunes générations des blessures psychologiques non cicatrisées, telles que le trouble de stress post-traumatique (TSPT), la colère, la dépression et l’anxiété. Ces conditions nuisent à la capacité parentale et sont aggravées par une incapacité à discuter ouvertement des expériences traumatisantes du passé, ce qui conduit à la détérioration des relations familiales. D’autre part, les familles qui ont été impliquées dans le génocide évitent souvent de discuter des actions passées avec leurs enfants, ce qui provoque chez ces derniers un ressentiment ou même une haine envers leurs parents.

La transmission continue des héritages du génocide a exposé certains jeunes à des comportements à haut risque, pouvant nuire à leur engagement dans le développement socio-économique et limiter la résilience familiale et communautaire.

Interpeace collabore avec le gouvernement rwandais et d’autres partenaires pour renforcer la résilience des individus, des familles et des communautés grâce à une intervention psychosociale de groupe connue sous le nom de Thérapie multifamiliale ou Espaces de guérison multifamiliaux qui met particulierement en avant le dialogue intergénérationnel. Cette approche a été mise en œuvre pour traiter les traumatismes intergénérationnels et améliorer la communication et la cohésion familiales. Les Espaces de guérison multifamiliaux établis au sein de la communauté rassemblent des parents de familles de survivants du génocide, de familles de bourreaux, ainsi que d’autres catégories de Rwandais et leurs descendants, pour engager un dialogue ouvert sur les blessures invisibles et les héritages historiques. Ils dotent les parents et les enfants de compétences socio-émotionnelles pour gérer leurs émotions et les parents sont particulièrement formés aux pratiques parentales positives.

Les espaces de guérison ont abouti à des effets positifs considérables à travers divers aspects de la dynamique familiale : de l’amélioration de la communication et de la résolution des conflits au renforcement de l’égalité des sexes, des pratiques parentales et de la cohésion sociale. Les familles sont devenues plus ouvertes et collaboratives face aux défis. Un parent a fait remarquer : “ Nous avons appris à aborder nos problèmes calmement sans les escalader en disputes. Cela nous a permis de nous connecter à un niveau plus profond”. Un autre a partagé : “ Avant, nous nous criions dessus, mais maintenant nous privilégions l’écoute active à la confrontation”.

En ce qui concerne la rupture du silence autour des traumatismes et des événements historiques, de nombreux parents se sentent désormais plus à l’aise à discuter de sujets sensibles, tels que les expériences traumatisantes avec leurs enfants. Un jeune participant de la province du Nord au Rwanda a partagé : “ Avant d’assister aux espaces, ma mère ne voulait pas que nous l’appelions maman, surtout pendant la période de commémoration du génocide. Elle nous avait demandé d’utiliser un surnom parce que le mot « maman » lui rappelait sa propre mère, qui a été tuée pendant le génocide alors qu’elle était encore jeune. Cela la mettait en colère, la rendait triste ou traumatisée chaque fois qu’elle l’entendrait”.

Grâce à des dialogues intergénérationnels structurés, les parents sont devenus plus capables d’expliquer les expériences historiques de manière objective et significative. En même temps, les jeunes ont acquis la confiance et les compétences nécessaires pour exprimer leurs pensées sur la façon dont ces événements ont façonné leur vie. Ces dialogues ont aidé les familles à briser les barrières de communication qui avaient auparavant entravé des discussions productives, permettant un engagement plus significatif sur les questions familiales et communautaires.

Dans une société rwandaise où les liens familiaux façonnent encore la vie quotidienne, les dialogues intergénérationnels se sont révélés puissants pour surmonter les obstacles de longue date liés aux blessures invisibles, à la méfiance, aux préjugés et à la peur d’autrui. Ces conversations aident à reconstruire des liens sociaux endommagés par les conflits passés et l’héritage du génocide.

Guérir ensemble : le pouvoir du dialogue intergénérationnel dans les efforts de réconciliation et de résilience au Burundi

Le Burundi continue de subir les conséquences qui découlent des multiples cycles de violence passés et d’instabilité politique, souvent marqués par des massacres interethniques. Cette situation est exacerbée par les défis sociaux et économiques persistants dans un pays qui lutte pour reconstruire son économie et son tissu social. Les conflits passés et les défis actuels ont érodé la confiance entre les membres de la communauté, non seulement à travers les groupes ethniques mais aussi à travers les lignes générationnelles. Les jeunes de divers groupes ethniques ont du mal à se faire confiance en raison des héritages ethniques et des disparités socio-économiques et ils ont également du mal à faire confiance à leurs aînés en raison de leur supposée implication dans un passé tragique. Le niveau relativement faible d’inclusion des jeunes dans les processus de prise de décision, en particulier dans les initiatives de guérison et de réconciliation ainsi que dans les moyens de subsistance, aggrave la situation. Cette situation affaiblit les dynamiques familiales et la cohésion sociale, ce qui perpétue le traumatisme intergénérationnel et peut inciter à la haine parmi les jeunes générations.

Grâce à ses initiatives complémentaires, Synergies pour la paix III et Dukire Twubake, Interpeace a tiré parti des dialogues intergénérationnels pour favoriser la guérison, la compréhension et la reconstruction communautaire. Ceux-ci ont été utilisés comme moyen de renforcement de la cohésion sociale et du développement économique.

Ils ont suivi un processus de psychothérapie communautaire qui a permis aux participants de partager leurs histoires traumatisantes, d’aborder des émotions négatives et de trouver la guérison et le réconfort, ouvrant la voie à des dialogues intergénérationnels francs et constructifs. Les personnes de tous âges pouvaient partager ouvertement leurs expériences, défiant ainsi les stéréotypes nuisibles sur d’autres groupes ethniques et nourrissant l’empathie, la confiance et l’appréciation collective des perspectives diverses.

En des espaces pour un dialogue honnête et une écoute attentive, cette approche permet aux Burundais de traiter leurs traumatismes, d’explorer de nouvelles voies de progrès et d’acquérir une compréhension approfondie de leur propre vie et celle des autres. Les dialogues ont non seulement favorisé la réconciliation, mais ont également offert aux participants un exutoire thérapeutique pour renforcer la régulation émotionnelle et la résilience.

Christian, un jeune , a expliqué : “Le dialogue nous permet de nous décharger, car c’est en parlant de ce passé difficile et parfois en le banalisant que nous pouvons enfin vivre dans le présent plus facilement“. Un autre jeune participant de la commune de Ruhororo a ajouté : “Je suis très impressionné. Je ne savais pas que la commune de Ruhororo avait autant de personnes qui risquaient leur vie pour sauver des voisins pendant la crise de 1993. C’est un exemple puissant pour ceux d’entre nous qui n’ont pas vécu ces événements. Personnellement, je suis déterminé à faire campagne pour la paix et la justice, même en période de conflit”.

Ciblant des personnes d’origines ethniques différentes, les dialogues ont également contribué à contrer les interprétations partisanes ou erronées du passé douloureux, conduisant à des communautés plus cohésives.  

Ces efforts sont complétés par des activités supplémentaires. En utilisant des outils de renforcement des capacités et de la confiance, les femmes, les jeunes et les communautés touchées par un traumatisme sont habilités à défendre leurs besoins, mobiliser les autres et diriger des initiatives qui renforcent la cohésion sociale et politique et améliorent les moyens de subsistance. Cette approche encourage également la communication ouverte, l’auto-réflexion et l’exploration collaborative de voies alternatives, favorisant un sentiment d’unité et de collaboration.

Combler le passé: un outil pour pomouvoir la justice transitionnelle en Somalie

La Somalie a fait des progrès notables dans la consolidation de la paix et l’édification de l’État ces dernières années. Cependant, les relations intercommunautaires, en particulier dans les régions frontalières, restent fragiles, en raison de griefs historiques, de la méfiance et des tensions non résolues liées à un partage du pouvoir politique contesté. Ces défis sont encore exacerbés par la rareté des ressources naturelles et les déplacements de population induits par le changement climatique, qui tous aggravent la concurrence pour les ressources et contribuent à des cycles récurrents d’instabilité et de violence.

Ces enjeux complexes et interconnectés impliquent un besoin urgent d’initiatives qui favorisent une compréhension collective du passé et la guérison pour prévenir la violence future, reconstruire la confiance entre les communautés et au sein des institutions, ainsi que faire progresser le dialogue pour répondre à la méfiance générationnelle, qui est essentiel pour l’unité nationale, une paix durable et la stabilité politique. 

Interpeace a lancé le Programme de justice transitionnelle, une initiative visant à renforcer la cohésion sociale et la gouvernance inclusive grâce à des approches de la justice ancrées dans les réalités contextuelles somaliennes. Celui-ci contribue à remédier aux violations et inégalités passées tout en soutenant les voies de transformation socio-économique. En outre, il facilite une compréhension plus approfondie du processus de justice transitionnelle le mieux adapté à la Somalie en impliquant activement les jeunes, les femmes et les plus agés. Grâce à cette approche inclusive, le programme a permis de combler les lacunes du dialogue intergénérationnel, en contribuant à favoriser une appréhension commune de ce que signifie la justice transitionnelle, pourquoi elle est importante dans le contexte de la Somalie et comment aller de l’avant. 

Dans le cadre de cette initiative, des dialogues intergénérationnels ont été organisés à Galkayo, Beledweyn et Dusamareeb, les régions de la Somalie profondément touchées par le conflit et l’instabilité, aggravés par la variabilité du changement climatique. Ils ont été cruciaux pour répondre aux griefs historiques et favoriser une paix durable. Ils ont établi une plateforme pour des discussions ouvertes entre différentes générations, y compris les chefs traditionnels et les parties prenantes locales. Ces sessions ont approfondi l’entendement collectif des dynamiques complexes derrière les griefs passés et ont permis aux membres de la communauté d’apprendre de techniques pour mieux gérer le bilan psychologique de la violence, y compris le traumatisme, l’anxiété et la dépression.

La justice transitionnelle a peu de chances de réussir si les blessures invisibles restent non traitées. Ces dialogues ont renforcé l’opinion selon laquelle une justice et une réconciliation significatives en Somalie nécessitent d’intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial (MHPSS) dans ce processus.

Des témoignages personnels d’aînés, de femmes et de jeunes ont mis en évidence le besoin urgent de programmes complets de santé mentale et prise en charge psychosocial comme partie intégrante du système de justice transitionnelle somalien. L’une des recommandations clés était de développer des programmes de formation pour les professionnels de la santé et les prestataires de services opérant dans les régions post-conflit, étant donné leur rôle vital dans l’identification et le traitement des problèmes de santé mentale à l’échelle communautaire.

Une praticienne de la santé a noté: “ Nous ne pouvons pas parvenir à la justice transitionnelle si les gens souffrent encore de problèmes de santé mentale. Cela limite leur capacité à se pardonner et à renforcer leur résilience. De plus, dans nos efforts pour fournir des soins, mes collègues et moi ne sommes pas à l’abri des traumatismes secondaires causés par le fait d’être témoins de la profonde souffrance dans nos communautés. C’est pourquoi les programmes de formation sont essentiels pour nous aider à faire face à ces défis complexes”.

L’expérience de la Somalie souligne l’importance de promouvoir la compréhension intergénérationnelle pour établir une paix positive. Le Programme de justice transitionnelle a jeté les bases d’un processus de réconciliation local et significatif en comblant les écarts générationnels. Il renforce le potentiel du pays à transformer son histoire douloureuse en une source de résilience et de renouveau, favorisant un avenir établi sur la justice, l’inclusion et une paix durable.

Discuter de l’histoire pour contrer la manipulation et les divisons

Dans les contextes fragiles touchés par un conflit, les jeunes sont particulièrement vulnérables à la manipulation et aux idéologies motivées par la haine en raison de leur connaissance limitée de l’histoire de leur pays. La propagation de la désinformation est facilitée par l’utilisation abusive accrue d’Internet, en particulier les médias sociaux et forums toxiques diffusant des discours de haine et favorisant la division.

Au Rwanda, au Burundi et en Somalie, des dialogues intergénérationnels qui rassemblent les jeunes et les aînés respectés de divers secteurs—publics, privés, academiques et de la société civile — aident les jeunes à mieux connaître et comprendre les événements tragiques qui ont marqué l’histoire de leurs communautés et leurs pays, y compris le génocide et/ou les conflits armés. Ces conversations leur permettent de construire activement des sociétés pacifiques et résilientes. Dans ces pays, où les souvenirs de la violence persistent et les héritages du traumatisme façonnent la vie quotidienne, autonomiser les familles, les communautés et les jeunes pour qu’ils affrontent ensemble des histoires douloureuses n’est pas seulement réparer les liens brisés mais jeter les bases d’une vie paisible. Les sociétés seront inclusives et les divisions passées ne décideront alors plus l’avenir. La réconciliation, la justice et la paix durable seront atteintes.

Interpeace and United Nations Peacebuilding Office renew partnership to sustain peace

The world is witnessing a marked rise in violence within states, as more societies experience violent conflict globally. In response to this worrying trend, Interpeace and the Bureau d'appui à la consolidation de la paix (PBSO) have renewed their partnership to reduce violence in fragile and conflict affected societies.

The new commitment reflects current shared priorities to build more just, inclusive, resilient, and peaceful societies. In line with a recently updated version of an existing Memorandum of Understanding, Interpeace and PBSO will jointly work towards achieving the Sustaining Peace Agenda in the coming years. The Agenda seeks to sustain peace at the different stages of conflict in all dimensions, by preventing the outbreak of violence, its escalation, continuation, and recurrence.

Many of the key premises of the Sustaining Peace Agenda are now widely accepted and enshrined in policies, such as the application of peacebuilding approaches along the peace-conflict continuum, the focus on conflict prevention, and the need for contributions to peace across the humanitarian, development, stabilization, peace, and human rights fields. However, the operationalization of these conceptual shifts in peacebuilding is lagging.

The PBSO and Interpeace share the objective of enabling and supporting the ‘whole-of-system’ approach to peace that the Agenda calls for by promoting the application of peacebuilding not only as a set of distinct activities, but also as an approach to social, economic and other interventions in conflict affected contexts. This dovetails with the goal of the humanitarian-development-peace nexus, which also seeks to promote greater collaboration among international actors towards collective outcomes – all the while enabling local ownership and leadership.

Photo credit: Interpeace.

The UN Peacebuilding Support Office and Interpeace have had a long-standing fruitful partnership based on shared values and objectives. The renewal of this partnership is oriented towards new strategic priorities in line with current gaps and opportunities in peacebuilding.

In the past years, Interpeace has provided support to various processes informing projects by the Peacebuilding Fund (PBF). Among others, this was rolled out through backstopping participatory and locally led conflict analysis in The Gambia, facilitating multi-stakeholder consultations for a framework of engagement in Guinea Bissau, and supporting UN agencies in designing peacebuilding projects in Mali and Guinea Bissau. Interpeace has also implemented PBF-funded programmes that support the empowerment of women in Guinea Bissau and Mali, as well as the empowerment of young people in Côte d’Ivoire.

“We are delighted to continue this close collaboration with the PBSO through direct support to both PBSO and PBF processes, as well as strongly aligning the objectives in our independent work,” said Martina Zapf, Senior Manager at Interpeace.

Based on a firm belief in the vital role that an effective UN Peacebuilding Architecture can play, Interpeace also contributed critical inputs to the review of that architecture in 2015 and is doing so again in the 2020 review process. In 2015, Interpeace’s proposal, which is now established, was for the “UN to do less and enable more”.

Interpeace has been supporting UN agencies in implementing the Sustaining Peace Agenda by accompanying the integration of peace responsive approaches into humanitarian and development assistance. The Interpeace Advisory Team (IPAT) has engaged in co-learning processes with the Food and Agriculture Organization (FAO)la United Nations Children’s Fund (UNICEF) et World Health Organization (WHO) in this regard. In the context of supporting the design and prioritization of PBF projects in various contexts, other agencies have also been accompanied in effectively integrating contributions to peace in their social and economic interventions.

Apart from working to foster peacebuilding action across the UN system, the PBSO and Interpeace will also collaborate on strengthening the evidence base of how different types of interventions can contribute to peace.

Crédit photo : Interpeace

Elhadj As Sy appointed to the Governing Board of Interpeace

Interpeace is delighted to announce that Elhadj As Sy has been appointed to join the Governing Board of Interpeace.

Mr. Sy gladly accepted the appointment, stating that “communities around the world are striving for peace to create an enabling environment for their health, development and wellbeing. It’s my privilege to join the Interpeace Governing Board and to contribute to its mission to make peace possible”.

Mr. Sy brings strong experience from decades of working in the humanitarian sector, including in numerous leadership roles. Most recently, from 2014 to 2020, Mr. Sy served as the Secretary General of the world’s largest humanitarian network – the International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC).

Previous roles include senior positions at the United Nations Children’s agency (UNICEF), the Joint United Nations Programme on HIV and AIDS (UNAIDS), The United Nations Development Program (UNDP)la Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria, and The Environment and Development Action in the Third World (Enda Tiers Monde).

Photo credits: Interpeace, by Elhadj As Sy.

In a world where humanitarian and development actors are struggling to secure the trust of affected communities, it is timely to welcome an outstanding humanitarian, such as Mr. As Sy, on to the Governing Board of Interpeace to enhance our peacebuilding efforts,” said the Board Chairperson, Monica McWilliams.

Mr. Sy is a member of the Global Commission on Adaptation, and, since 2018, has co-chaired the Global Preparedness Monitoring Board jointly convened by the World Health Organisation et World Bank Group. He is also a member of the Roll Back Malaria Board since 2016, Governor at Wellcome Trust, and Chair of the Kofi Annan Foundation Board since 2019.

I am delighted to welcome Mr. Sy to Interpeace. His strong values, leadership experience and his commitment to protecting and enhancing the dignity of all people is truly inspiring,” said Interpeace President, Scott Weber.

Mr. Sy is a Senegalese national, also a graduate from the Vienna Diplomatic Academy, and speaks French, English, and German.

L' Interpeace Governing Board is made up of prominent individuals from the government, international, and business sectors. It is the highest decision-making body of the organization and plays a key role in defining Interpeace’s overall strategy.

Photo credits: Interpeace.

Interpeace Response to COVID-19

In response to the COVID-19 Pandemic, Interpeace has temporarily closed all offices worldwide, and all staff are working online. We have ceased all international and domestic travel by our staff and consultants, and we are not organizing or participating in large physical gatherings/events.

Interpeace staff have reviewed the full breadth of our peacebuilding work in the field as well as our peacebuilding policy projects. We have now made adaptations to ensure that all scheduled work in our 2020 annual workplan can still be delivered this year. We are in direct contact with our generous donors, partners and the communities we serve worldwide about how those adaptations are occurring. We are also appreciative for the support and commitment to new investment in Interpeace which has been extended to us even since the outbreak of the COVID-19 pandemic.

Planning is underway for the re-opening of our offices in due course, which will be in careful and full alignment with relevant World Health Organisation advice and also with local laws and regulations in the countries where each office is located.

Interpeace meanwhile remains in regular contact and consultation with our supporters and partners as the COVID-19 situation continues to evolve.

Photo credits: Interpeace by Antoine Tardy.

Director of Interpeace USA is appointed lead author of UN Advisory Group of Experts for Progress Study on Youth, Peace and Security

“Young people can break barriers, reach across divisions and forge understanding. The United Nations Security Council has finally recognized the importance of youth.” - UN Secretary-General Ban Ki-Moon

Last Friday August 12, during a speech at the University of Calgary, on the occasion of International Youth Day, UN Secretary-General Ban Ki-Moon, announced the formation of an Advisory Group of Experts for the Progress Study on Youth, Peace and Security, as mandated by Security Council resolution 2250 (2015). Secretary-General described that the group will “carry out a progress study on the youth’s positive contribution to peace processes and conflict resolution, in order to recommend effective responses at local, national, regional and international levels.”

Graeme Simpson, Director of Interpeace USA and Senior Adviser to the Director-General of Interpeace, has been appointed lead author of this Advisory Group of Experts for the Progress Study on Youth, Peace and Security. This is a wonderful recognition of the expertise that Graeme and Interpeace have been bringing to the issue of engaging youth in peacebuilding efforts for over 22 years in more than 20 countries around the world. Simpson has also worked extensively on issues related to transitional justice and the transformation of criminal justice institutions, has been consultant to both governmental and non-governmental organizations in various countries, and has published widely in books and journals.

Resolution 2250 (2015), adopted in December of 2015 by the Security Council, is the first resolution that recognizes the invaluable role youth play in building more inclusive and peaceful societies, both at a local and international level. Through the resolution, which defines youth as persons between the ages of 18 and 29, the Security Council urges Member States to recognize youth as powerful agents of change and to give them a greater voice and participation in peace processes and conflict transformations. Moreover, recognizing the threat of radicalization among young people, the Security Council, encourages Members States to empower youth, as a way to counter the spread of violent extremism. Through the use of Internet and other technologies, terrorists are recruiting young people and inciting them to commit terrorist attacks. Therefore, the resolution 2250 (2015) urges Member States to engage youth through five pillars: participation, protection, prevention, partnerships and reintegration.

The Advisory Group, has been formed to study the progress of this resolution, considered to be historic, in a time were the youth generation is the largest the world has ever known. Secretary-General described, “Nearly half of the Group’s members are young. Some of them survived conflict. One lost her father in war. Another was shot. Others were refugees.” Graeme Simpson will lead this Advisory Group over the next year, and will continue to work for Interpeace in our Representation Office in New York. The findings and recommendations of the Study will be presented to the Security Council on December 2017.

Graeme Simpson, Director of Interpeace USA. Photo credit: Oskar Kullander

Lead author and members of the Advisory Group:

Graeme Simpson of South Africa, Director of Interpeace USA, was appointed lead author. The Advisory Group members are: Farea Al-Muslimi (Yemen), Luz Alcira Granada Contreras (Colombia), Scott Attran (USA), Chernor Bah (Sierra Leone), Ikram Ben Said (Tunisia), Malual Bol Kiir (South Sudan), Kessy Martine Ekomo-Soignet (CAR), Ilwad Elman (Somalia), Matilda Flemming (Finland), Terri-Ann Gilbert-Roberts (Jamaica), Saba Ismail (Pakistan), Thevuni Kavindi Kotigala (Sri Lanka), Nur Laiq (UK), Mieke Lopes Cardozo (Netherlands), Robert Muggah (Canada), Hussein Nabil Murtaja (Palestine), Funmi Olonisakin (Nigeria), Salim Salamah (Syria), Ali Saleem (Pakistan), Hajer Sharief (Libya), and Marc Sommers (USA).

Resilience: Translating promise into reality

Humanitarian need has outpaced humanitarian resources, stemming in part from protracted and recurring conflicts and crises. One of today’s biggest humanitarian challenges is that of displacement, caused by conflict and natural disasters.

To further discussion on the need for a resilience perspective, Interpeace and the Norwegian Refugee Council (NCR) are co-hosting a side event at the World Humanitarian Summit called Resilience: Translating promise into reality. The side event will take place on May 23 in Istanbul, Turkey at 11:00 am to 12:30 pm, seeks to support the overall objectives of the Summit and includes a particular stated-objective: ‘Change people’s lives - From delivery of aid to ending need’.