Les activités génératrices de revenus comme moyens de renforcement de la cohésion sociale

Dans le cadre de sa mission de consolidation de la paix, Interpeace a initié, avec l’appui technique et financier de la Fondation PATRIP, de la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KFW), de l’Allemagne et du Danemark, le projet « Brique par brique : renforcer la cohésion sociale et prévenir les conflits à la frontière Mali-Burkina Faso ». Cette initiative vise à promouvoir la stabilisation économique, politique et sociale et la résilience des communautés vivant dans les régions fragiles, notamment le long des frontières entre le Mali et le Burkina Faso, et de favoriser la résolution locale des conflits et la prévention de l’extrémisme violent. A cette fin, Interpeace a développé un dispositif de soutien à l’autonomisation des femmes et des jeunes.

La crise sécuritaire et les conflits communautaires dans le Sahel appellent une synergie d’actions des Etats, des partenaires au développement et des organisations communautaires dans le but de réinstaurer ou de consolider la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Faisant écho à l’urgence inhérente à cette situation dans la bande frontalière Mali-Burkina Faso, Interpeace a développé, avec l’appui de la Fondation PATRIP, le projet « Brique par brique : renforcer la cohésion sociale et prévenir les conflits à la frontière Mali-Burkina Faso ». Cette initiative a été précédée d’une première phase qui a fait émerger, de façon participative, les dynamiques conflictuelles de la zone frontalière ainsi que les réponses à y adresser.

Au titre des pistes proposées, il ressort le développement d’activités génératrices de revenus avec une dimension environnementale dont l’objectif est de promouvoir l’autonomisation des populations vulnérables, notamment les femmes et les jeunes. Cette approche contribue à réduire les sources de tensions sociales autour de l’exploitation des ressources naturelles.

Au regard de la dimension communautaire des activités et pour des enjeux liés à l’appropriation locale et à la durabilité du projet, le soutien aux activités génératrices de revenus a été réalisé avec l’appui des organisations locales aussi bien au Mali qu’au Burkina Faso. Il s’agit notamment d’Esther Vision du Burkina Faso et de l’ONG Action pour le développement des initiatives locales (ADILO) du Mali.

Le dispositif d’accompagnement des activités génératrices de revenus a été développé suivant trois étapes. Après une étude d’identification et de vulgarisation des emplois verts, soixante femmes et jeunes ont été choisis et formés à l’élevage, à la production céréalière, à la transformation de produits forestiers non ligneux ou encore en apiculture. Les participants ont été suivant un processus participatif et inclusif et selon des critères de vulnérabilité, d’âge, de sexe et de résidence. A l’issue de la formation, des kits d’installation et de démarrage leur ont été remis. « J’ai reçu une formation en apiculture, puis j’ai été doté de matériels de production. Grâce à cela, j'exerce maintenant une activité qui est rentable et j’ai acquis de nouvelles connaissances sur la récolte et la commercialisation du miel », affirme Mamadou Traoré, un participant de Koloko, au Burkina Faso.

En sus, les activités génératrices de revenus promues suscitent des perspectives d’emplois différents dans l’optique de créer des alternatives aux activités liées à l’exploitation des ressources naturelles qui fait l’objet de tensions dans la zone d’intervention du projet. « Grâce à la formation, j'ai reçu des compétences qui me permettent d'améliorer ma productivité, la conservation et la commercialisation de soumbala. Aujourd’hui, nous réalisons plus de bénéfices », affirme Odette Sanou, une participante et productrice de soumbala de Koloko, au Burkina Faso.

Des propos recueillis auprès des jeunes et des femmes, il ressort que ces alternatives développées ont permis de réduire la compétition autour de l’exploitation des ressources naturelles. Les conflits sur cette question se sont par conséquent amenuisés. En effet, toutes les participantes ont reconnu qu’avant l’intervention du projet, les femmes tiraient l’essentiel de leurs revenus de l’exploitation des produits forestiers non ligneux : karité et néré entre autres. La compétition qui en découlait constituait une véritable source de conflits quotidiens. Ceux-ci transcendaient souvent les familles pour impliquer des villages entiers.

Aujourd’hui, la promotion des activités génératrices de revenus a non seulement réduit la concurrence autour de ces activités, mais a permis également aux femmes d’avoir d’autres perspectives, réduisant considérablement les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles. Wassa SANOGO, participante résidant à Hermakono, au Mali a d’ailleurs affirmé que : « depuis que je me suis orientée vers l’élevage des petits ruminants, je m’entends mieux avec mes coépouses et les autres femmes qui transforment et écoulent les noix de karité ».

Aussi, les difficultés d’accès à la terre ont exacerbé le chômage et la précarité des jeunes. Cette situation les expose aux alternatives proposées par les groupes armés présents dans la zone. L’accompagnement pour la réalisation des activités génératrices de revenus est, de leur point de vue, de nature à accroître leur autonomisation et à renforcer leur résilience face aux tentatives de recrutement des groupes armés. DrissaTraoré, un participant résidant à Hermakono, au Mali, a soutenu que « grâce à la formation, j’ai pu acquérir des techniques culturales qui m’ont permis de cultiver le maïs sur un hectare et les récoltes s’annoncent bonnes. Je pense que si tous les jeunes avaient cette chance, les groupes terroristes n’auraient pas pu enrôler certains et nous serions en paix ».

En définitive, si les activités génératrices de revenus ont d’emblée vocation à soutenir l’autonomisation des femmes et des jeunes, elles contribuent à réduire la concurrence autour de l’exploitation des ressources naturelles et à renforcer leur résilience. Elles permettent par conséquent de prévenir les conflits et de renforcer la cohésion sociale. C’est pourquoi, pour Interpeace et ses partenaires, l’appui à ces activités comme moyens de subsistance constituent aujourd’hui une des alternatives de prévention des conflits et de promotion de la cohésion sociale.

Renforcement du bien-être psychosocial des personnes affectées par la crise sécuritaire pour la résilience et une paix durable au Burkina Faso

Burkina Faso is currently facing a multidimensional security and humanitarian crisis that is having an impact on several sectors of national life, mainly health, development, political stability and social cohesion.

To address the traumas caused by the crisis, as well as the consequences for social cohesion, Interpeace is implementing the “Laafia Weltaré: reinforcing the psychosocial well-being of people affected by the security crisis for resilience and sustainable peace in Burkina Faso” project, with technical and financial support from the Swedish Embassy in Burkina Faso. The aim is to integrate a holistic approach to peacebuilding, including mental health, psychosocial support and livelihood development, into the strategies, plans and actions of national and international actors working in communities affected by security and humanitarian crises.

Interpeace is implementing this project in partnership with the Ministry of Health and Public Hygiene, the Ministry of Defense and Veterans, the Ministry of Territorial Administration, Decentralization and Security, the Ministry of National Solidarity and Humanitarian Action, Gender and Family, as well as civil society organizations and NGOs operating in the Cascades region.

Collaboration is planned with a network of local mediators, intervening as close as possible to those affected and mobilizing them, particularly members of the Defense and Security Forces injured in operations, internally displaced persons and host communities.

For Interpeace, psychosocial well-being and mental health are essential components of medium- and long-term peacebuilding initiatives. Strengthening social cohesion means meeting people’s social, economic and psychological needs.

To achieve this, Interpeace implements its interventions through an inclusive approach, i.e. the co-creation and collaborative conceptualization of tools adapted to different contexts. To implement the analysis dimension, Interpeace uses Participatory Action Research as its methodology.

Drawing on its experience in implementing programmes linking mental health, psychosocial well-being, livelihoods and social cohesion/peacebuilding in post-conflict contexts, such as Rwanda, Interpeace intends to facilitate the response to these different challenges.

Promoting Youth Leadership and Participation to foster Peace and Social Cohesion in Guinea-Bissau (2021 – 2022)

Building on the experience maturated on women promotion in decision making, Interpeace launched the initiative “No Ianda Djuntu: Drawing the Pathway Together” aimed to empower youth to play a central role in advancing democratic participation and peacebuilding in Guinea-Bissau. By encouraging reflection on the involvement of young people in decision-making processes, strengthening their capacity to influence public decision-making bodies, and increasing their self-confidence to promote new models of leadership, the project contributed to catalyze significant  change at the individual level. Implemented in all regions of the country, the project allowed to facilitate the effective inclusion of young men and women at the community and local institutions level promoting their meaningful participation.

Renforcement de la gouvernance de la justice et soutien aux efforts nationaux de réforme de la justice (2018 - 2020)

Through this initiative, Interpeace aimed to enhance justice governance by increasing citizens’ engagement in political dialogues related to justice. To do so, the initiative worked to enhance the capacity of civil society organizations to assess local justice governance through a mix method participatory Justice Barometer (“Sintidu di Justisa: Sense of justice”). Based on the results of the study, Interpeace supported the efforts of citizens and civil society organizations to conduct dialogues with local and national public institutions.

In addition, in the framework of the efforts made towards the Justice reform in Guinea-Bissau, Interpeace supported national and international institutions to identify entry points for the integration of formal and traditional justice. Through the study “No Obi Mindjer ku Mininu: We heard women and children” Interpeace formulated clear recommendations to make traditional justice more inclusive. This, in turn, enhanced citizens’ access to justice while strengthening coordination and capacities within both formal and informal justice systems.

Promoting Women’s Political Participation in Guinea-Bissau to Work for Peace (2017- 2020)

This two-phase initiative aimed to reduce women’s exclusion from decision-making in Guinea-Bissau, focusing on governance and conflict management. In the initial stage, the initiative aimed to identify barriers preventing women’s participation in spheres of power, leading to the report “Fala di Mindjer: Women talk”. Following up on these results, Interpeace developed a national awareness campaign and provided capacity-building and support for women leaders.

In a second phase,”No sta djuntos!: We are together!” Interpeace addressed resistance uncovered in the first phase to reduce tensions related to female leadership promotion and transform women’s roles in politics, civil society, and the Defense and Security Forces.  This involved raising awareness among men, women, and civil society organizations about the potential unintended negative consequences of excluding women. It resulted in a better understanding of how women’s integration impacts social cohesion, thereby contributing to strengthening peace consolidation in Guinea-Bissau.

Rapport d’analyse sur les déterminants clés et leviers de prévention de la violence politique en Côte d’Ivoire

La vulnérabilité locale d’un contexte à la violence politique est statistiquement associée à l’absence de cohésion sociale : lorsque les relations intergroupes sont peu apaisées (cohésion horizontale) et les relations entre les citoyens et leurs institutions sont endommagées (cohésion verticale), il est davantage probable d’y voir émerger des scènes d’affrontements   lors des périodes électorales. La fragilisation de la cohésion sociale prend différentes formes et renvoie à une série de signaux interdépendants.

Les résultats du processus de recherche-action participative (RAP) et de l’étude SCORE se résument dans les messages clés suivants