Renforcer la confiance entre les acteurs de la justice et les communautés au centre du Mali

« Dans notre commune, les gens ne vont plus au tribunal. Quand il y a des conflits, on fait appel aux chasseurs dozos pour les régler, ils sont très sollicités. Ils viennent sans chercher à comprendre (les problèmes) et ils ne connaissent même pas les procédures de gestion des conflits. Ils commettent beaucoup d'injustices car toutes les dénonciations ne sont pas toujours fondées ». -Jeune habitant de Niono

L'accès à la justice et la légitimité du secteur de la justice au Mali est une préoccupation des communautés depuis des décennies. Dans un pays où les mécanismes de justice formelle ont toujours fonctionné aux côtés des formes traditionnelles de justice, auxquelles les communautés ont fait davantage confiance, de nouveaux types d'acteurs proposent des alternatives aux mécanismes de justice formelle et traditionnelle.

L'affaiblissement de l'État, de sa couverture sécuritaire et de la fourniture des besoins sociaux de base est corrélé à l'émergence d'autres acteurs, enclins à mener leurs propres formes de justice et à défier l'autorité du système judiciaire formel. Ceux-ci contribuent à catalyser un cycle de violence et de vengeance, ainsi qu'une plus grande méfiance de la population envers les mécanismes formels de l'Etat.

Face à ces menaces, les Maliens ont besoin d'un soutien et d'un encadrement plus importants de la part du système judiciaire pour s'assurer que leurs droits sont respectés, pour contrer la montée des idéologies promues par les groupes armés, ainsi que pour garantir un traitement transparent et équitable. L'ampleur de ces défis appelle une réponse holistique qui dépasse le cadre strictement sécuritaire pour englober les aspects de gouvernance, de développement et de cohésion sociale qui sous-tendent le rapport des populations à la justice.

C'est dans ce contexte que l'Institut malien de recherche-action pour la paix (IMRAP), avec l'appui de son partenaire Interpeace, a réalisé un baromètre participatif pour mieux comprendre et analyser les perceptions des citoyens maliens sur les défis de l'accès à la justice, les causes de l'impunité et les solutions possibles pour y répondre de manière inclusive et durable.

Incompréhension, corruption et manque de ressources comme racines de la méfiance

Le baromètre participatif a recueilli les perceptions et les expériences de plus de 2000 personnes dans 6 cercles du centre du Mali : Mopti, Bandiagara, Djenne, San, Ségou et Niono. Les personnes interrogées comprenaient des membres de la communauté, des autorités traditionnelles et des acteurs de la justice, qui ont tous été représentés et impliqués dans la création des indicateurs, l'enquête et l'analyse des données.

Les résultats du baromètre ont montré qu'un obstacle majeur à l'accès de la population à la justice est causé par l'incompréhension et la méfiance à l'égard du système judiciaire. De nombreux participants ne connaissent pas les voies et les services auxquels ils ont accès. Ainsi, quatre personnes sur dix ont déclaré ne pas savoir où se trouve le tribunal le plus proche dans leur localité. En outre, l'utilisation du français comme langue principale dans les procédures de justice et les contextes juridiques, alors que près de la moitié des personnes interrogées ne sont pas allées à l'école ou ne comprennent pas bien la langue, a constitué un obstacle supplémentaire à l'accès à ces systèmes. Le manque de connaissance des règles et des procédures a également conduit à une incompréhension accrue, à la méfiance et même au rejet des décisions dans les systèmes de justice formels.

Dans une région fortement touchée par la pauvreté, les coûts des procédures judiciaires et les distances géographiques à parcourir dissuadent de nombreux citoyens d'engager des actions en justice. Les consultations ont montré que les coûts liés à une procédure, à l'assistance d'un avocat et d'huissiers, ainsi que les cautions exigées (en particulier dans les affaires civiles) rendent la justice financièrement inaccessible à une grande partie des communautés cibles. Ce constat génère de la frustration chez certains participants et alimente la perception d'une justice inégale et à deux vitesses.

Afin d'aider les justiciables à supporter les frais de procédure, l'Etat a adopté en 2001 une loi sur l'aide juridictionnelle pour faciliter l'accès des pauvres à la justice. Dans la pratique, cependant, les entretiens ont mis en évidence une application limitée de ces mesures, en raison du manque de ressources financières et de la difficulté à recruter des assistants juridiques capables d'apporter l'aide nécessaire aux personnes impliquées dans les procédures.

Par ailleurs, le baromètre montre également que les soupçons de corruption et d'ingérence remettent en cause la légitimité du système judiciaire formel. Plus de sept personnes interrogées sur dix déclarent que les riches et les pauvres ne sont pas traités de la même manière dans les procédures judiciaires et estiment que les personnes disposant de plus de ressources sont susceptibles d'obtenir des décisions plus favorables.

Les consultations ont également révélé l'insatisfaction d'une partie de la population face à la lenteur et à l'inachèvement des enquêtes judiciaires, qui favorisent l'impunité et découragent les gens de porter plainte. Près d'une personne sur deux interrogée par le baromètre déclare avoir peu ou pas confiance dans la résolution de ses problèmes par le système judiciaire formel.

Plusieurs magistrats ont également reconnu que des suspects échappent parfois à la justice parce que les procédures ne sont pas menées dans les délais prévus par la loi. Ils attribuent ce dysfonctionnement en grande partie au manque de moyens matériels et humains dont disposent les tribunaux et les services d'enquête.

« Nouveaux acteurs », instabilité et rôle des femmes et des autorités traditionnelles

Pour 60% des Maliens interrogés, l'insécurité est un facteur important de l'augmentation de l'impunité dans leur localité et trois personnes sur dix la citent comme le principal obstacle à l'application de la loi.

Pris pour cible par les groupes armés, de nombreux magistrats et personnels de justice se sont repliés à Mopti, Ségou et Bamako, laissant derrière eux des tribunaux au fonctionnement lent et des ressources insuffisantes pour répondre aux besoins et aux demandes de justice de la population. Dans une région où 72% des fonctionnaires interrogés ont déclaré craindre d'être agressés, kidnappés ou tués lors de leurs tournées quotidiennes, l'insécurité empêche également les unités d'investigation de se rendre sur le terrain pour enquêter sur les crimes.

Le retrait des fonctionnaires et des forces de défense et de sécurité visés par les violences a contribué ces dernières années à l'apparition de « nouveaux acteurs » de la sécurité et du règlement des conflits dans le Centre. Face au retrait progressif des services sociaux de base (sécurité, justice, éducation, santé, etc.) vers les capitales régionales, la population se tourne de plus en plus vers les autorités traditionnelles et les « nouveaux acteurs » tels que les chasseurs dozos, les groupes d'autodéfense armés et les groupes dits radicaux, selon les zones.

Face à la montée de l'insécurité et au nombre croissant de nouveaux acteurs, la recherche a également montré que les mécanismes traditionnels de règlement des conflits jouent un rôle clé en complément des systèmes de justice formels. Ceux-ci utilisent les coutumes, le dialogue et les textes religieux pour régler les conflits, apaiser les victimes et trouver des accords entre les différentes parties. Ils bénéficient d'une certaine confiance et légitimité auprès de leurs communautés, qui font appel à eux pour arbitrer les litiges et gérer les conflits familiaux, fonciers et de cohabitation. Sept personnes sur dix disent s'adresser d'abord au chef de village pour déposer une plainte ou obtenir des informations.

Les consultations ont révélé une forte demande de collaboration et de renforcement mutuel entre les tribunaux et les mécanismes traditionnels pour améliorer l'administration de la justice et lutter contre l'impunité. Les personnes interrogées reconnaissent les efforts existants mais expriment le besoin d'étendre et d'institutionnaliser une collaboration franche et structurée qui définit les compétences et les limites des deux systèmes. Cette meilleure complémentarité peut, selon eux, contribuer à désengorger les cours et tribunaux, et à une meilleure compréhension et reconnaissance du système formel par les autorités traditionnelles et la population.

Le baromètre a également mis en évidence les difficultés d'accès à la justice, notamment pour les femmes. Dans la région, les femmes ont généralement un niveau d'éducation, des moyens financiers et une autonomie plus faibles que les hommes en ce qui concerne les dépenses et les besoins liés aux procédures judiciaires. Il existe une forte pression socioculturelle pour normaliser certaines pratiques discriminatoires et violentes à l'encontre d’elles et pour les dissuader d'entamer ou de poursuivre des procédures judiciaires.

La peur d'être stigmatisées et rejetées par le conjoint ou la famille, le manque d'information sur les procédures, le manque d'argent, de soutien et de temps pour aller jusqu'au bout de l'action dissuadent donc de nombreuses femmes de recourir aux institutions pour se défendre et faire respecter leurs droits.

Renforcer davantage la confiance dans les systèmes judiciaires du Centre du Mali

Le processus de création et de recherche du baromètre participatif, qui a débuté en 2021, a déjà permis d'accroître la sensibilisation et de favoriser la confiance entre les communautés et les acteurs de la justice dans les 6 cercles.

Cependant, les obstacles mis en évidence par le baromètre appellent à de nouvelles actions afin de renforcer le système de justice dans la région. Les résultats de la recherche seront utilisés pour informer les interventions futures, l'engagement avec les acteurs de la justice formelle, ainsi que les autorités traditionnelles et les décideurs politiques dans la région.

« Le baromètre, à travers une évaluation de la perception de la population des régions de la ceinture moyenne sur les questions de justice, vise à établir une meilleure compréhension autour des défis, des réalités et des opportunités pour un système et un processus judiciaire amélioré », a déclaré Kadiatou Keita, représentante d'Interpeace au Mali. « Les recommandations issues de ce processus permettraient d'accroître la compréhension des systèmes judiciaires par la population, et de renforcer davantage les cadres de dialogue entre la population, les autorités traditionnelles et les acteurs judiciaires pour finalement combattre l'impunité et restaurer la confiance entre les différents acteurs. Cette confiance est cruciale pour restaurer une paix durable. »

Interpeace et l’IMRAP tiennent à remercier le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, l'Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec l’assistance financière du Fonds pour la consolidation de la paix du secrétaire général des Nations Unies (PBF), pour leur soutien indéfectible à cette initiative.

Accédez à tous les résultats du baromètre participatif ici : https://mali.elva.org/

Lire le rapport sur les principales conclusions et recommandations :

Renforcer le rôle des femmes et des jeunes dans la gouvernance de la sécurité au Burkina Faso

Le Burkina Faso a longtemps cité comme un modèle de stabilité et de cohésion sociale dans une région confrontée à de multiples crises et violences. Mais aujourd’hui, le pays fait face à des attaques armées de plus en plus fréquentes, violentes et meurtrières, de même qu’à une recrudescence du nombre de conflits intra et intercommunautaires.

A travers une implication innovante des leaders coutumiers et religieux dans la diffusion de messages de paix, Interpeace a organisé des caravanes dans 12 communes au Burkina Faso pour sensibiliser les populations sur ces questions, avec un accent particulier sur la promotion de l’intégration des femmes et des jeunes dans la gestion de la sécurité.

La dégradation de la situation sécuritaire nécessite l’implication de toute la communauté, en particulier les femmes, qui représentent 51,7% de la population, et les jeunes de moins de 15 ans, à 45,3%. Ces personnes apparaissent les plus touchées du fait de leur vulnérabilité, subissant les pires formes de violence. Parmi elles, les femmes deviennent des survivantes de violences basées sur le genre et les jeunes, du fait de la faiblesse des opportunités d’emplois et en raison des frustrations, ont tendance à se faire enrôler par les groupes armés organisés.

Des recherches récentes d'Interpeace ont montré la faible implication des femmes et des jeunes dans la gouvernance locale de la sécurité. Pourtant, la participation de ces personnes au Burkina Faso est un facteur essentiel pour améliorer la gouvernance, plus particulièrement celle de la sécurité dans le pays. Elle est indispensable pour renforcer la résilience locale et nationale et la cohésion sociale.

The caravans Interpeace organised included educational talks by trained youth in forums discussing the integration of women and youth in peacebuilding, radio programmes promoting social cohesion, conflict prevention and management, and debates on the Interpeace analysis report on the security sector in the country.

Religious tradition and practice begin early in the family and continues throughout an individual's life. Religious and traditional leaders are among the most influential and respected people in society, and their involvement and ownership in peacebuilding remains central to conflict prevention and transformation.

Quant à la jeunesse, elle a un grand rôle à jouer dans la quête de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale. Cet état de fait commande que chaque jeune fasse preuve de responsabilité et d’engagement citoyen, d’où le renforcement de ses capacités sur la transformation des conflits, la communication non violente et l’utilisation responsable des réseaux sociaux.

"Women and young people are the most numerous, and if we involve them in the fight against terrorism and insecurity, we will be able to fight insecurity effectively. Women are important, young people are important," said the High Commissioner of the Séno province.

Noumpoua Tankoano from Fada N'Gourma underlined the importance of the educational talks, especially for internally displaced people like herself who have fled their localities because of the violence.

"Many of the women among us have lost their husbands, other men have abandoned their wives in the hope of surviving. Women are left as widows, with a large number of children to raise. The adversity in which they live is likely to influence them and lead them into unhealthy behaviour," she said.

"This talk we had on the theme of supporting women in terrorist actions, and resolutions to deter them was necessary and gave us the confidence to contribute to the promotion of peace in our communities.”

These caravans are part of Interpeace's initiative to improve conflict prevention and security governance in the Boucle du Mouhoun, Centre-North, East and Sahel regions. Interpeace would like to thank the Government of Canada, through the Stabilization and Peace Operations Program of Global Affairs Canada, for its financial support.

Promouvoir un processus de médiation inclusif pour la résilience et la paix en Ituri et au Nord-Kivu

En République démocratique du Congo (RDC), les femmes et les jeunes sont les plus touchés par les conflits. Pourtant, ils sont sous-représentés dans les efforts de consolidation de la paix et de cohésion sociale. Dans cette optique, ils devraient être ciblés parmi les acteurs de la paix dans le processus de médiation actuel. C'est pourquoi un Groupe consultatif pour la médiation en Ituri a été établi, avec comme objectif d’être inclusif et de garantir une bonne représentation des femmes et des jeunes. Il s'inscrit dans une vision d'appropriation et de durabilité des efforts de paix par les communautés locales et de renforcement de leurs capacités de résolution des conflits. Dans le cadre de ce processus, des parties prenantes ont été consultées et les résultats de cette approche ont été validés par les acteurs provinciaux venant des institutions publiques et de la société civile, dont des associations de femmes et de jeunes.

Formation of an advisory group is part of a vision of ownership and sustainability of peace efforts by local communities and of strengthening their capacity for conflict resolution. As part of this process, stakeholders were consulted and the results of this approach were validated by provincial actors from public institutions and civil society, including women and youth associations.

Among its recent activities, the group organised a workshop on 29 September, a few days after the International Day of Peace, to relay mediation and negotiation skills to women and youth. Participants were asked "What can be done for the return of peace in Ituri?” In collaboration with the Ituri provincial government, and with the support of the European Union, this meeting took place in Bunia and was facilitated by the mediation consortium composed of Interpeace and its Action for Peace and Concord (APC) partners, and the Congo Research Group (CRG) of New York University (NYU).

According to most of the participants, the workshop was beneficial in contributing to strengthening the involvement of youth and women in the existing peace mechanisms in their province. "Ever since the word 'communitarianism' was first used in Ituri, each community has used this word to arm itself to face the opposing community. But this word has already destroyed Ituri. The community should therefore not be a place of identity withdrawal against others but a space for dialogue to live together," expressed a member of the Ituri Women's Collective.

This opinion was also shared by the representatives of the public authorities. "This kind of meeting is a good opportunity to raise awareness of the culture of living together," says Esther Maturu, Deputy Coordinator in Ituri of the Disarmament, Demobilisation, Community Rehabilitation and Stabilisation Programme (P-DDRCS/Ituri).

The advisor to the provincial military governor in charge of youth, Irène Vaweka, reminded the assembly that "for some time now, young people have increasingly become executioners and that women are the main victims. By bringing all these people together around the issue of peace, this workshop presents a golden opportunity for the young people present to show the world that they too can commit themselves to peace.”

Cette réunion a constitué une étape importante dans les chantiers du Groupe consultatif pour la médiation en Ituri. Celui-ci va poursuivre ses efforts pour que les femmes et les jeunes aient une opportunité de construire leurs compétences de transformation des conflits dans leurs communautés.

Côte d’Ivoire : Interpeace et le gouvernement vont encore davantage collaborer

Côte d'Ivoire is not spared from external threats and the dynamics of regional and global conflict. These further destabilise the already fragile social fabric and endanger the government's achievements in security and economic development.

Over the last few decades, Côte d'Ivoire has itself been marked by socio-political crises and regular cycles of violence that have profoundly affected the lives of Ivorians, the way they live together and social cohesion.

Threats linked to armed groups at the country's doorstep call for the strengthening of the internal social fabric to prevent any risk of tipping over. It is usual for these groups to exploit the cracks and fissures caused by various factors to act.

Pour contribuer aux efforts menés auprès de la société ivoirienne, Interpeace, qui est présent dans le pays depuis 2012, a signé le 21 octobre dernier une convention de partenariat avec le ministre de la réconciliation et de la cohésion sociale. Cet accord vise à renforcer la consolidation de la paix, la réconciliation et la cohésion nationale dans le pays côtier.

Les deux partenaires s’engagent à travailler de concert dans la recherche et le financement d’opportunités de collaboration responsables et bénéfiques pour atteindre ces objectifs. Résolu à coopérer étroitement, le ministère assurera le leadership politique, le pilotage et la coordination des projets d’Interpeace, notamment dans le cadre de l’actuel Project to prevent political violence and strengthen social cohesion through dialogue and citizen collaboration in Côte d'Ivoire (PREDIA).

For its part, Interpeace will provide technical and methodological support to inclusive dialogue in all regions of the country, capitalising on lessons learned from conflict prevention mechanisms set up in cooperation with its local partner, Indigo Côte d'Ivoire, and targeting in particular women and youth. The organisation will also support local prevention and reconciliation committees and actively participate in the elaboration of strategies at the technical and political level adapted to Ivorian peacebuilding priorities, with a view to building sustainable peace and contributing to the strengthening of social cohesion.

"We are very pleased to engage in this partnership with the Ministry of Reconciliation and Social Cohesion," says Interpeace's West Africa programme representative Alessia Polidoro. "The methodological rigour of our approach, the diversified experience of successful interventions in different contexts around the world and the expertise of our team and our local partner, Indigo Côte d'Ivoire, will be pooled with the Ministry to provide concrete, endogenous and sustainable solutions to the various challenges to be addressed.

Read more about Interpeace in Côte d'Ivoire ici.

Le ministère de la jeunesse et des sports et Interpeace signent un protocole d'accord pour faire avancer l'agenda de la jeunesse somalienne dans les processus de consolidation de la paix

Mogadiscio, 28 28 septembre 2022.Le ministère de la Jeunesse et des Sports du gouvernement fédéral de la Somalie et Interpeace, une organisation internationale pour la consolidation de la paix basée à Genève, ont signé un protocole d'accord (MoU) pour s'associer afin de donner à la jeunesse somalienne les moyens d'être des agents de changement transformateur et de participer activement au processus de construction de l'État. La cérémonie a eu lieu le mercredi 28 septembre au ministère à Mogadiscio avec le ministre, S.E. Mohamed Bare Mohamud, et le représentant d'Interpeace en Somalie, Ahmed Abdurrahman Abdullahi.

Cette collaboration favorisera les résolutions relatives à la jeunesse, à la paix et à la sécurité par un engagement mutuel à promouvoir les processus de paix menés au niveau national afin de parvenir à une paix durable, de prévenir les conflits violents et de renforcer les capacités de résilience pour la paix, conformément au partenariat sur la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité.

Lors de la signature, Ahmed Abdullahi a déclaré : « Interpeace est ravi de s'associer au ministère de la Jeunesse et des Sports de Somalie. Ce partenariat favorisera la consolidation de la paix axée sur la jeunesse et exploitera l'innovation et la créativité des jeunes femmes et des jeunes hommes dans le processus de construction de l'État somalien ».

Il est ancré dans la promotion d'une relation institutionnelle de coopération axée sur le partage des connaissances, de l'expertise et des expériences. « Ce protocole d'accord renforce notre engagement à faire progresser la représentation et la participation des jeunes dans le processus de consolidation de la paix en Somalie et à renforcer les capacités résilientes pour la paix », a déclaré le ministre. « Nous sommes heureux qu'Interpeace soit un partenaire stratégique dans l'agenda de la jeunesse, de la paix et de la sécurité en Somalie ».

Il est ancré dans la promotion d'une relation institutionnelle de coopération axée sur le partage des connaissances, de l'expertise et des expériences. « Ce protocole d'accord renforce notre engagement à faire progresser la représentation et la participation des jeunes dans le processus de consolidation de la paix en Somalie et à renforcer les capacités résilientes pour la paix », a déclaré le ministre. « Nous sommes heureux qu'Interpeace soit un partenaire stratégique dans l'agenda de la jeunesse, de la paix et de la sécurité en Somalie ».

A critical component of empowering young people is ensuring their right to participate in decision-making and economic development. The MoU will strengthen efforts to advance Somalia's youth, peace, and security agenda through joint policy development and programme implementation.

Interpeace

Interpeace est une organisation internationale pour la consolidation de la paix. Forte de plus de 25 ans d'expérience, elle a mis en œuvre un large éventail de programmes de consolidation de la paix en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Europe et en Amérique latine. Interpeace adapte son approche à chaque société et veille à ce que son travail soit conçu et dirigé localement. Elle aide également la communauté internationale - en particulier les Nations Unies - à jouer un rôle plus efficace dans la consolidation de la paix, en s'appuyant sur son expertise dans le travail de terrain au niveau de la base. Interpeace a son siège à Genève, en Suisse, et dispose de bureaux dans le monde entier. Pour plus d'informations, veuillez consulter notre site Web : www.interpeace.org/fr

Contact presse

Muthoni Ngure

+254751275530

ngure@interpeace.org

Interpeace Eastern and Central Africa

5th Floor Priory Place,

Argwings Kodhek Road

Déclaration du Forum stratégique de Bled et d'Interpeace sur l'importance de traiter le lien entre l'eau et la paix

Le Forum stratégique de Bled (BSF) et ses partenaires, qui se sont réunis du 29 au 30 août 2022, demandent instamment aux co-organisateurs de la Conférence des Nations Unies sur l'eau de 2023 de renforcer les liens entre l'eau et la paix, et de permettre ainsi aux générations futures de disposer d'une planète plus habitable et plus pacifique.

Cinq ans après le lancement du rapport 2017 du Groupe mondial de haut niveau sur l'eau et la paix, « Une question de survie »,nous restons préoccupés par le fait que le puissant appel du rapport pour que l'eau soit reconnue comme une « condition fondamentale de la survie et de la dignité humaine » et « la base de la résilience de la société et de l'environnement naturel » soit resté largement lettre morte. Cette situation représente une grave menace pour la stabilité des sociétés et de notre planète, qui sont confrontées à des événements liés à l'eau de plus en plus précaires et imprévisibles.

Au cours des dernières décennies, le changement climatique, les conditions de sécheresse et les défaillances de la gouvernance ont exacerbé les problèmes d'accès à l'eau et d'accessibilité financière, entraînant une augmentation alarmante des conflits liés à l'eau. Aujourd'hui, aucune des nations touchées n'est en voie d'atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), notamment en matière d'eau potable et d'assainissement. Au moins 48 conflits liés à l'eau font rage dans le monde,[1]causant d'immenses souffrances humaines et compromettant davantage le progrès social et économique des communautés.

Cette année, les sécheresses dévastatrices dans le sud de l'Europe et dans certaines régions de Chine, les vagues de chaleur record sur le sous-continent indien et les inondations catastrophiques au Pakistan ne sont que les derniers rappels de la fragilité de nos systèmes d'eau et de l'interdépendance des sociétés à leur égard et les unes envers les autres.

Nous appelons donc le Royaume des Pays-Bas, la République du Tadjikistan et les Nations Unies, en tant que co-organisateurs de la Conférence des Nations Unies sur l'eau, à :

One unquestionable truth from the 2017 report prevails - there is no substitute for water. New forms of governance, partnership, and decision-making are required to adapt and respond to these threats and changing realities. Just as inclusive and participatory water resource management can yield peace dividends, diplomatic efforts to broker peace can enhance access to safe and clean water in conflict-affected societies. With global freshwater supplies acutely under threat, we can no longer afford to tackle issues of water and of peace in siloes.

Le ministère des Affaires étrangères de la République de Slovénie souscrit à cette déclaration.


[1] Climate Diplomacy Initiative's Conflict Factbook: www.climatediplomacy.org