Déclaration du Forum stratégique de Bled et d'Interpeace sur l'importance de traiter le lien entre l'eau et la paix

19 septembre, 2022

Le Forum strat√©gique de Bled (BSF) et ses partenaires, qui se sont r√©unis du 29 au 30 ao√Ľt 2022, demandent instamment aux co-organisateurs de la Conf√©rence des Nations Unies sur l'eau de 2023 de renforcer les liens entre l'eau et la paix, et de permettre ainsi aux g√©n√©rations futures de disposer d'une plan√®te plus habitable et plus pacifique.

Cinq ans apr√®s le lancement du rapport 2017 du Groupe mondial de haut niveau sur l'eau et la paix, ¬ę Une question de survie ¬Ľ,nous restons pr√©occup√©s par le fait que le puissant appel du rapport pour que l'eau soit reconnue comme une ¬ę condition fondamentale de la survie et de la dignit√© humaine ¬Ľ et ¬ę la base de la r√©silience de la soci√©t√© et de l'environnement naturel ¬Ľ soit rest√© largement lettre morte. Cette situation repr√©sente une grave menace pour la stabilit√© des soci√©t√©s et de notre plan√®te, qui sont confront√©es √† des √©v√©nements li√©s √† l'eau de plus en plus pr√©caires et impr√©visibles.

Au cours des derni√®res d√©cennies, le changement climatique, les conditions de s√©cheresse et les d√©faillances de la gouvernance ont exacerb√© les probl√®mes d'acc√®s √† l'eau et d'accessibilit√© financi√®re, entra√ģnant une augmentation alarmante des conflits li√©s √† l'eau. Aujourd'hui, aucune des nations touch√©es n'est en voie d'atteindre les Objectifs de d√©veloppement durable (ODD), notamment en mati√®re d'eau potable et d'assainissement. Au moins 48 conflits li√©s √† l'eau font rage dans le monde,[1]causant d'immenses souffrances humaines et compromettant davantage le progr√®s social et √©conomique des communaut√©s.

Cette année, les sécheresses dévastatrices dans le sud de l'Europe et dans certaines régions de Chine, les vagues de chaleur record sur le sous-continent indien et les inondations catastrophiques au Pakistan ne sont que les derniers rappels de la fragilité de nos systèmes d'eau et de l'interdépendance des sociétés à leur égard et les unes envers les autres.

Nous appelons donc le Royaume des Pays-Bas, la République du Tadjikistan et les Nations Unies, en tant que co-organisateurs de la Conférence des Nations Unies sur l'eau, à :

  • reconna√ģtre les interconnexions et les interd√©pendances du syst√®me mondial de l'eau et le fait que les actions men√©es √† un endroit auront des cons√©quences √† un autre endroit ;
  • reconna√ģtre le potentiel de la coop√©ration dans le domaine de l'eau en tant que catalyseur de la paix, de m√™me que des actions de consolidation de la paix pour faire progresser l'ODD 6 sur l'acc√®s √† une eau saine et propre ;
  • refl√©ter la convergence de l'eau et de la paix comme une priorit√© th√©matique lors de la Conf√©rence des Nations Unies sur l'eau de 2023 ;
  • impliquer les parties prenantes dans des discussions interdisciplinaires sur les liens entre la paix et l'eau en vue de la Conf√©rence.

Une vérité incontestable du rapport 2017 prévaut, il n'y a pas de substitut à l'eau. De nouvelles formes de gouvernance, de partenariat et de prise de décision sont nécessaires pour s'adapter et répondre à ces menaces et à ces réalités changeantes. De même que la gestion inclusive et participative des ressources en eau peut produire des dividendes de la paix, les efforts diplomatiques de médiation de la paix peuvent améliorer l'accès à une eau saine et propre dans les sociétés touchées par des conflits. Les réserves mondiales d'eau douce étant gravement menacées, nous ne pouvons plus nous permettre d'aborder les questions de l'eau et de la paix en vase clos.

Le ministère des Affaires étrangères de la République de Slovénie souscrit à cette déclaration.


[1] Climate Diplomacy Initiative’s Conflict Factbook: www.climatediplomacy.org