Faire face à l'escalade de la violence avec résilience au Burkina Faso

28 avril, 2021

L'aggravation du conflit violent au Sahel perturbe la cohésion sociale au Burkina Faso. Mais une nouvelle recherche d'Interpeace a révélé qu'il existe également des preuves montrant la résilience individuelle et communautaire face à la violence croissante. Alors que beaucoup luttent pour y faire face, des défis pratiques liés aux problèmes structurels et conjoncturels à l'origine du conflit demeurent.

Un nouveau rapport d'Interpeace Burkina Faso a propos√© des recommandations pour changer cela. Le peuple burkinab√® a jou√© un r√īle cl√© dans la mise en avant de ces propositions pour construire une paix durable.

¬ę Ce rapport est une contribution importante, en termes d'information au gouvernement, dans l'√©laboration d'une strat√©gie nationale de coh√©sion sociale. Il pousse √©galement les partenaires au d√©veloppement √† structurer et √† adapter leur soutien [au besoin] au Burkina Faso ¬Ľ, explique Cheick Faycal Traor√©, repr√©sentant d'Interpeace au Burkina Faso. Et d'ajouter : ¬ę Il d√©finit une feuille de route concr√®te, qui, si elle est mise en Ňďuvre, contribuera de mani√®re significative √† un retour √† la paix ¬Ľ.

Le rapport sera lancé ce jeudi 29 avril 2021 dans la capitale, Ouagadougou. Il présente une analyse approfondie des causes sous-jacentes des conflits au Burkina Faso et des opportunités existantes de résilience, à la suite d'une recherche inclusive et participative menée dans les 13 régions administratives du pays.

¬ę Le rapport explore les moyens de renouveler le contrat social au Burkina Faso. Il pr√©sente une compr√©hension holistique et nuanc√©e de la situation √† l'√©chelle nationale en mettant en √©vidence les probl√®mes transversaux √† tous et les sp√©cificit√©s locales qui doivent √™tre trait√©es ¬Ľ, a expliqu√© M. Traor√©. explained Mr Traor√©.
Selon le rapport, la mauvaise gouvernance, les in√©galit√©s existantes d'acc√®s aux opportunit√©s, l'√©mergence de groupes locaux d'autod√©fense, les st√©r√©otypes ethniques, la perte de l√©gitimit√© des autorit√©s traditionnelles et certaines pratiques religieuses radicales ont perturb√© la coh√©sion sociale et sont √† l'origine de la rupture de confiance entre certains citoyens et l'√Čtat.

Les recherches ont commencé avant Covid-19 et se sont poursuivies pendant cette période de pandémie. Cette photo a été prise début 2020. Crédits photo : Interpeace Burkina Faso

Certaines opportunit√©s de r√©silience identifi√©es incluent la culture de l'hospitalit√© qui fleurit encore dans la plupart des communaut√©s burkinab√®, les liens familiaux solides existants, les cadres de dialogue communautaire et interreligieux, les alliances entre diff√©rentes communaut√©s et groupes ethniques et la participation active des services techniques de l'√Čtat et des organisations de la soci√©t√© civile dans la promotion de la coh√©sion sociale ainsi que le respect continu des autorit√©s de l'√Čtat par les citoyens dans un contexte de m√©fiance croissante. Faire deux phrases ici.

Une √©tape majeure dans la construction d'une paix durable a √©t√© franchie gr√Ęce √† ce rapport : la population, y compris celle directement touch√©e par l'ins√©curit√©, a jou√© un r√īle plus actif dans un processus inclusif pour identifier les facteurs de r√©silience qui l‚Äô unissent et proposer des recommandations qui, pour la premi√®re fois, d√©finissent une feuille de route concr√®te pour renforcer la coh√©sion sociale et construire une paix durable.

Cette recherche menée par une équipe de chercheurs nationaux d'Interpeace Burkina Faso s'inscrit dans un projet de consolidation de la paix qui vise à jeter des bases solides pour une paix durable dans le pays, à travers une analyse participative des facteurs de conflit et de résilience en consultation et collaboration avec les Burkinabè. Le projet est soutenu par le Royaume des Pays-Bas.

Au total, 538 personnes des 13 régions administratives du pays ont pris part à l'analyse participative. Les données de ce processus ont été complétées par une enquête quantitative auprès de plus de 2 300 personnes dans quelque six régions du pays, dont les plus touchées par l'insécurité.

Les participants comprenaient des membres de la communauté, des autorités gouvernementales et traditionnelles, des dirigeants de groupes familiaux, communautaires et religieux, ainsi que des femmes, des jeunes et des représentants de la société civile, entre autres.

Les recommandations du rapport ont le potentiel de réduire les tensions croissantes, de prévenir la violence et de favoriser la cohésion sociale.

Lisez le rapport complet ici