Marsabit Stabilization Journey: Silencing the Guns

Over the past decades, Marsabit County, Kenya, has experienced occasional conflicts among local communities. Since 2005, the frequency and severity of violence in the county have escalated significantly. In 2021 and early 2022, the situation reached an unprecedented level, with almost daily killings becoming commonplace in Marsabit town. This documentary showcases the accomplishments of the “Marsabit County Peacebuilding Programme—Stabilisation Phase,” which received financial support from the European Union and the Swiss Agency for Development and Cooperation (SDC).

Promouvoir un journalisme considérant la santé mentale et le soutien psychosocial (MHPSS) pour la consolidation de la paix au Rwanda

Le récent Rapport mondial sur la santé mentale publié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2022 souligne le faible niveau de connaissances sur cette question comme l'un des principaux obstacles à la santé mentale et au soutien psychosocial (MHPSS) dans le monde. Les médias, qu'ils soient traditionnels ou nouveaux, jouent un rôle central dans l'élimination de ces barrières en éduquant la société, en plaidant et en sensibilisant. Ironiquement, les professionnels des médias eux-mêmes manquent souvent de connaissances et de compréhension adéquates en matière de santé mentale.

Dans le cadre de son programme holistique de consolidation de la paix axé sur la MHPSS pour promouvoir la guérison sociétale et la réconciliation au Rwanda, Interpeace a organisé une session de formation pour les journalistes. L’objectif était d’accroître leurs connaissances, leurs compétences et leur compréhension de cette question.

La formation de deux jours a eu lieu en août 2023 et a offert des outils et des compétences essentielles à 26 participants issus de divers médias locaux, garantissant ainsi leur capacité à produire du contenu professionnel en matière de MHPSS et de consolidation de la paix qui respecte les normes éthiques.

La participation des médias aux processus de consolidation de la paix et de MHPSS est primordiale au Rwanda, où la population continue de lutter contre des troubles de santé mentale résultant du génocide perpétré contre les Tutsi il y a près de trois décennies.

La formation comprenait des théories, des études de cas et des exercices pratiques pour approfondir la compréhension des participants sur la santé mentale et les considérations éthiques qui doivent guider leurs reportages. Ceux-ci ont salué ce dispositif pour avoir renforcé leurs capacités et éveillé leur volonté de réaliser des reportages sensibles à la santé mentale.

La production de programmes et de rapports approfondis et bien documentés favorisera le plaidoyer auprès des diverses parties prenantes, notamment les responsables gouvernementaux, les experts et les donateurs, dans le but de faire progresser et d'influencer les politiques et pratiques de santé mentale dans le pays.

L'un des journalistes radio les plus influents, Oswald Mutuyeyezu, a exprimé son souhait d'avoir des ateliers réguliers. « Nous avons beaucoup appris de cet atelier. Nous avons compris les troubles/maladies de santé mentale les plus récemment diagnostiqués au Rwanda ainsi que les techniques et approches nécessaires pour en rendre compte. Même s'il peut être trop exigeant d'organiser cette formation tous les mois, je suggère qu'elle soit organisée au moins tous les trimestres pour rafraîchir nos esprits et nos connaissances », a-t-il dit.

Scovia Mutesi, journaliste indépendante, influenceuse des médias sociaux et propriétaire du journal en ligne « Mama Urwagasabo » et d’une chaîne YouTube, a proposé d’élargir la formation pour inclure des journalistes plus jeunes afin d’assurer la pérennité de l’initiative.

Les participants se sont engagés à produire davantage de contenu lié à la MHPSS et à la consolidation de la paix pour éduquer les communautés et les sensibiliser. Cette approche contribuera à une augmentation de l'utilisation des services de santé mentale dans le pays, qui s'élève actuellement à 5,3 %. Elle oeuvrera pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination profondément enracinées auxquelles sont souvent confrontées les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, qui entravent la demande de soins.

Interpeace a organisé l'atelier de formation en partenariat avec la Commission rwandaise des médias (RMC), l'organisme de régulation du secteur des médias au Rwanda, chargé de renforcer ses capacités. Le secrétaire exécutif de celle-ci, Emmanuel Mugisha, a salué le partenariat pour l'organisation de cette formation. Il a en outre encouragé les journalistes formés à utiliser les compétences acquises pour renforcer leur professionnalisme et remplir leur rôle de quatrième pouvoir.

« Nous croyons en votre capacité et votre pouvoir de conduire le changement. Par conséquent, nous prévoyons une augmentation des histoires, des documentaires et des programmes qui éduquent les Rwandais sur la santé mentale et plaident en faveur d’un système de santé mentale solide et décentralisé. Cette formation jette les bases d'un partenariat solide et fructueux entre Interpeace et le secteur des médias dans la promotion de la MHPSS et de la consolidation de la paix au Rwanda », a-t-il déclaré.

Ituri : Confisquées par des miliciens, des entités sont rétablies aux chefs coutumiers à travers des consultations

Il peut désormais se faire entourer des membres de son comité de sécurité. Lui, c’est Jean Gaston Herabo, le chef de chefferie d’Andisoma, dans le territoire d’Irumu en province de l’Ituri. En pleine réunion, ce jeudi 8 juin, il est accompagné de responsables de différents services assis à ses côtés pour statuer sur la situation générale de son entité. « Nous pouvons désormais jouir de notre pouvoir. Actuellement je peux me rendre à Gety comme dans d’autres villages sous ma juridiction », se réjouit-il. Pourtant, il y a environ trois mois seulement, toute cette zone était sous l’emprise de la milice du Front patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC).  Pendant plus de cinq ans d’occupation par cette milice, l’autorité de l’Etat était bafouée. Ici, toutes les compétences réservées aux chefs coutumiers étaient entre les mains des leaders de ce groupe armé. Ceux-ci « pouvaient organiser des jugements et même emprisonner les coupables avant de leur infliger des amendes en lieu et place des autorités territoriales », ont fait savoir plusieurs témoins. Cette situation a affecté l’accessibilité et la cohabitation entre les communautés des plusieurs entités du territoire d’Irumu.

En février dernier, le projet soutien à la médiation et la résilience pour la paix, financé par l’Union européenne, s’est lancé dans une bataille pour faciliter la restauration de l’autorité de l’Etat. A travers Pole Institute, une série de consultations avec les groupes armés a été amorcée en appui au Programme de désarmement, démobilisation et relèvement communautaires (P-DDRCs). Début juin, pour la première fois, le groupe armé FPIC a accepté de rencontrer l’administrateur militaire du territoire d’Irumu, dans le cadre d’une activité d’accompagnement du processus de médiation tenu à Nyakunde dans la même région. « C’est pour la première fois de vous rencontrer après votre retranchement dans les maquis. Je suis venu prendre contact avec les nouveaux responsables du groupe armé FPIC/CHAMBRE NOIRE SANDUKU. Je voulais aussi vous écouter sur les mobiles qui vous ont poussés à destituer votre ancien dirigeant signataire de l’acte d’engagement de cessation des hostilités. C’est également une occasion de vous sensibiliser à adhérer au processus de PDDRCS », a expliqué le colonel Siro Nsimba.

« Cette activité revêt une grande importance, c’est pourquoi j’ai tenu à ce que tous les chefs des chefferies BIRA et les grands notables soient présents dans ces assises », a-t-il ajouté.

En effet, la présence de plusieurs miliciens dans cette région a mis à mal l’autorité de l’Etat, mais également alimenté le conflit des limites administratives entre les Entités territoriales décentralisées (ETD).

A Kesenyi, dans le secteur de Bahema sud par exemple, il était difficile voire impossible qu’un chef d’une entité se déplace dans une autre. « La chefferie de Walendu-Bindi et le secteur de Bahema Sud étaient en conflit foncier et des limites administratives depuis plusieurs années. Je ne pouvais pas quitter ici pour me rendre à Gety. Seules les consultations menées par Pole Institute m’ont permis d’avoir accès à cette entité », témoigne le chef de secteur de Bahema-Sud, Kataloho Takumara. « Nos villages ont été envahis par la communauté de Walendu Bindi sous la bénédiction de la milice Front de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) ».

Pour y faire face, le consortium médiation constitué des ONG Interpeace, Pole Institute, Action pour la paix et la concorde (APC) et de l’Université de New York a organisé une activité d’identification et de validation des enjeux conflictuels. Ceci a été une occasion pour donner l’opportunité au processus de médiation entre les leaders des différentes communautés en conflits.

« Nous sommes tellement contents que la fréquentation entre nos deux communautés commence à revenir au beau fixe. Nous remercions Pole Institute d’avoir organisé cet atelier. Celui-ci a permis d’accueillir nos frères de Walendu Bindi ainsi que leurs chefs ici à Kasenyi. Nous voulons la paix et ensemble nous pouvons y parvenir », a souligné l’un des participants, avant de souhaiter qu’une activité du genre soit également organisée à Gety. « Cela sera une bonne occasion pour nous, de Bahema-Sud, pour aller y participer », a-t-il renchéri.

Pour l’instant, le projet se poursuit avec les processus de médiation pour pérenniser ses actions et faciliter la restauration définitive de l’autorité de l’Etat afin de donner une chance à la cohabitation pacifique dans cette partie de la province de l’Ituri.

Indice éthiopien de la paix : dévoiler la voie vers une paix et une résilience durables en Éthiopie

Addis-Abeba, le 27 juin 2023 Le Ministère de la paix de la République fédérale démocratique d'Éthiopie et Interpeace, en collaboration avec le Centre pour la paix durable et le développement démocratique (SeeD) et ABCON, ont lancé aujourd'hui le projet pilote de l’Indice éthiopien de la paix (EPI) dans trois régions, celles de Sidama, la Région des nations, nationalités et peuples du Sud (SNNPR) et la Région des peuples éthiopiens du Sud-Ouest (SWEPR). Celui-ci est une initiative de recherche qui offre un outil unique pour comprendre l'état de la paix et de la résilience en Éthiopie, avec une analyse plus approfondie des complexités des conflits et de la consolidation de la paix. Il a également opérationnalisé une nouvelle approche de mesure du bas vers le haut et participative qui fournirait des stratégies fondées sur des données probantes aux acteurs locaux et internationaux dédiés à la promotion de la paix et de la réconciliation dans le pays.

L'indice, développé avec le soutien du Royaume des Pays-Bas, a utilisé une méthodologie quantitative participative dans les trois régions mentionnées ci-dessus. Grâce à une analyse complète des données recueillies auprès des citoyens, des chefs traditionnels et des administrateurs dans 101 Kebeles (petites unités administratives), il a mesuré divers facteurs influençant la paix, notamment économiques, sociaux, psychologiques, comportementaux et environnementaux.

L'EPI met l'accent sur l'importance des relations pacifiques entre communautés et entre différents groupes. Alors que les individus étaient généralement pacifiques, les communautés étaient confrontées à de nombreux conflits locaux violents. Afin de parvenir à une paix durable, il est important de cultiver un sentiment d'harmonie entre les divers groupes ethniques, de nourrir la solidarité et de renforcer les relations communautaires. L'indice met en évidence la nécessité d'une prise de décision objective par les dirigeants locaux, d'un renforcement des capacités pour réduire les préjugés et de compétences pacifiques telles que la tolérance sociale et les identités inclusives. L'étude révèle également les liens entre la paix et des domaines critiques tels que la sécurité alimentaire, le bien-être mental et l'égalité des sexes. Il appelle à des interventions ciblées qui s'attaquent à la pénurie, favorisent la cohésion sociale et autonomisent les groupes vulnérables.

Si l'indice éthiopien de la paix s'étend pour inclure davantage de régions en 2023, il fournira une référence nationale complète et permettra une analyse comparative de la dynamique de la paix en Éthiopie. Il vise à servir de ressource fiable pour les décideurs politiques, les acteurs de la paix et les partenaires de développement dans la conception d'interventions fondées sur des preuves et le suivi des avancées vers une paix positive durable. En adoptant une optique multi-systématique et en tirant parti des informations fournies par l'Indice éthiopien de la paix, les parties prenantes peuvent répondre aux griefs sous-jacents, renforcer la résilience et contribuer à une Éthiopie plus pacifique et plus prospère.

 

 

Mediation Learning Report – Video

 

The mediation experiences of National Cohesion and Integration Commission (NCIC) and Interpeace in Mandera Country and the North Rift Region of Kenya have been documented in a research paper  that explores the processes and interventions that resulted in two ceasefire agreements in Kenya’s Mandera County and the Suguta Valley in the North Rift Region. In this video, Interpeace’s Kenya Country Representative, Hassan Ismail, provides a breakdown of the factors that substantially reduced violence between communities.

Le dialogue intracommunautaire de Degodia ouvre la voie à l'unité transfrontalière entre le Kenya et l'Éthiopie

Alors que les chauds rayons du soleil illuminaient le paysage aride de Rhamu, dans le comté de Mandera, le matin du 11 mars 2023, un sentiment palpable d'anticipation remplissait l'air. La communauté Degodia au Kenya se préparait pour une réunion historique qui réunirait leurs proches de l'autre côté de la frontière en Éthiopie pour aborder les meurtres sporadiques en cours qui avaient tourmenté le comté, souvent attribués à des conflits transfrontaliers débordant sur le Kenya. L'année dernière, le sous-comté de Banisa à Mandera a connu des conflits depuis les frontières des zones éthiopiennes de Dawa et de Liban, qui abritent respectivement les communautés Garre et Degodia. Les meurtres sporadiques menaçaient la paix fragile qui avait été laborieusement obtenue à Banisa depuis 2018.

Interpeace, à travers le programme au Kenya et en collaboration avec le gouvernement du comté de Mandera, a réuni pour la première fois des anciens de la communauté Degodia et des représentants du roi du clan Degodia, Wabar Abdille. Parmi les participants figuraient les membres du cabinet de celui-ci, le sous-gouverneur du comté de Mandera, des membres élus de l'Assemblée du comté et des hauts fonctionnaires du gouvernement du comté. Leur objectif commun était d'établir une approche transfrontalière inclusive pour faire face aux déclencheurs de conflit et à la discorde dans le sous-comté de Banisa, en favorisant la coopération et la confiance entre les communautés transfrontalières.

Tout au long de la réunion, les participants ont engagé des discussions sur des questions critiques. Ils ont souligné la nécessité de briser le cycle des représailles, de renforcer la confiance dans les agences de sécurité et de garantir le respect des accords antérieurs tels que la déclaration de Banisa. De même, les anciens ont souligné l'importance de revoir celle-ci et ont proposé de réviser le document pour établir un accord transfrontalier plus contraignant et plus complet qui implique les habitants de Banisa et Malkamari au Kenya et la zone transfrontalière Dawa et Liban de l’Ethiopie.

Par ailleurs, les anciens éthiopiens ont révélé que des pourparlers avec leurs homologues de Garre avaient déjà commencé du côté éthiopien, signalant des développements prometteurs dans les efforts de consolidation de la paix pour répondre aux problèmes sous-jacents du côté éthiopien.

"Nous avons pris la responsabilité de résoudre à l'amiable les problèmes entre les clans Garre et Degodia dans les zones Liban et Dawa et nous promettons qu'il n'y aura plus de retombées désormais ou moins", a déclaré le conseiller de Wabar Abdille, Cheikh Omar.

Vers la fin de la réunion, une étape importante a été franchie. Pour la première fois, les sages ont signé un accord transfrontalier intracommunautaire entre Degodia du Kenya et d'Ethiopie. Celui-ci prévoit des mesures concrètes, notamment le renforcement des efforts pour résoudre les conflits dans le district éthiopien de Moubarak et la collaboration avec les administrations des zones Liban et Dawa. Par ailleurs, la réunion a ouvert la voie à de futures rencontres entre Wabar Abdille et Sultan Mohamed, chefs traditionnels des clans Degodia et Garre, respectivement, pour établir des collaborations transfrontalières efficaces en matière de consolidation de la paix.

Remerciant la délégation qui a assisté à la réunion, le représentant national d'Interpeace au Kenya, Hassan Ismail, a appelé les dirigeants à aider à pacifier la région transfrontalière.

« Nous reconnaissons que nous ne pouvons pas maintenir une paix éternelle en travaillant uniquement du côté kenyan. Nous discuterons avec nos partenaires de développement, en particulier le Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, pour qu’ils nous soutiennent également dans la réalisation d'un travail similaire à Dawa et dans la zone Liban en Éthiopie. De cette façon, la résilience locale pour la paix peut être garantie et soutenue », a-t-il dit.

L'importance d'associer la communauté transfrontalière à travers une telle réunion inclusive ne peut être surestimée. Les efforts précédents de consolidation de la paix s'étaient concentrés uniquement sur le Kenya, négligeant la situation en Éthiopie. Le moment de cette réunion était crucial, car le sous-comté de Banisa avait connu une recrudescence des conflits transfrontaliers et des attaques de représailles entre novembre 2022 et février 2023. Le rassemblement a insufflé l'espoir d'un avenir meilleur qui mettrait fin aux conflits, favoriserait le partage des ressources et renforcerait la collaboration entre les communautés Garre et Degodia au Kenya et en Éthiopie.

« Cette rencontre nous a permis de réaliser ce que nous n'avions pas pu faire au cours de la dernière décennie ; ce sera le début d'un engagement de consolidation de la paix à long terme avec nos proches d'Éthiopie », a souligné le président du comité de paix du district, dans le sous-comté de Mandera Nord, Haji Bare Hassan.

La réunion de dialogue intracommunautaire s'est conclue sur un sentiment d'unité et d'optimisme, ouvrant la voie aux futurs dialogues prévus pour cette année. Avec le soutien du Ministère fédéral des Affaires étrangères d'Allemagne, le mécanisme réunira pour la première fois des membres des communautés Degodia et Garre du Kenya et d'Éthiopie afin d'établir un accord transfrontalier durable et contraignant qui amènerait les deux communautés à une résolution uniforme, contrairement à la précédente déclaration de Banisa qui portait seulement sur le Kenya.