A step towards reducing violence involving youth in Abidjan

17 juillet, 2015

Veuillez trouver la version française ci-dessous

Interpeace and its partner Indigo Côte d’Ivoire launched a participatory research report on “The Obstacles to Social Cohesion and Dynamics of Violence involving youth in Abidjan’s Urban Spaces”. Among the distinguished guests present at the launch were delegates from the Prime Minister’s office and several ministries and other government representatives, numerous United Nations agencies, embassies, civil society, the private sector and representatives from the communities who participated in the research process. Mr. Albert Toikeusse Mabri, State Minister, Minister of Planning and Development, was the guest of honour.

The research report encompasses voices of the populations of Abobo, Yopougon and Treichville in Abidjan, where more than 750 persons were consulted in order for them to conduct a self-analysis and identify the root causes of violence involving youth in those areas. Participants identified four main factors:

  • The limits of the political economy of urban social diversity;
  • The disintegration of the education system;
  • The transformation of family structures and emergence of new models of social success; and
  • The struggle for control over economic spaces such as bus stations.

Beyond identifying these four elements, the consultation process also enabled the creation of a secure and open space for dialogue that ensured the participation of all stakeholders, thus creating a rapprochement between sections of the society which usually did not interact.

During the launch ceremony, participants from the consultations were given the opportunity to recount their experience of the process in the presence of the State Minister:
“In my life I would never have thought that I could be here, standing, talking to “big” people such as yourselves. I could not even speak in a group. Participating in this process made me realize that even my voice could be heard”, said a young transport union member from Abobo referring to the presence of the Minister.

“Before participating in the consultations, when I saw someone from the transport unions I would walk away or never talk to them because they had a reputation of being violent. During my participation in the discussion groups, I came to realize that they were also human, with their own challenges. Now we sit together and talk as Ivoirians to find solutions together.” Female participant from Treichville.

“I would like to thank Indigo and Interpeace for keeping their promise and bringing our voices to the stakeholders. It is now time for action and we are ready for it.” Dignitary of the transport sector from Abobo.

The different factors identified require a distinction between root and societal causes that imply a national and inclusive response, and immediate preventive measures in view of the upcoming elections. The research also enabled participants to make specific recommendations. These deserve particular attention to ensure that all stakeholders take ownership of the suggested solutions to violence involving youth. The feasibility conditions for their implementation were also examined, and included, among others, the effective inclusion of stakeholders.

In response to the presentation of the participatory research results by Dr. Severin Kouamé, Coordinator of Indigo Côte d’Ivoire, the State Minister, Minister of Planning and Development emphasized the commitment of the government to work with the communities: “I would like to thank all the participants who expressed their views today, and particularly the youth. The question that comes to mind from these discussions relates to what the key actions to implement now are to ensure peaceful elections. And, in the long term what can we do to secure the bus stations for those who work there. The key here is trust. If we trust each other nothing will get in the way of finding solutions”.

The ceremony was concluded with the official handover of the report from Ms. Adele Khudr, Representative of UNICEF and of the United Nations System in Côte d’Ivoire, to Minister Toikeusse.

This research was made possible thanks to the technical and financial support from UNICEF et UNDP. It follows on from previous research carried out in western Côte d’Ivoire in 2013 which brought to light the issue of self-victimization as a root cause of community violence.

The report on obstacle to social cohesion and dynamics of violence involving youth is available s'inscrire ici (French).

The executive summary of the report can be downloaded in anglais et français, and a documentary film can be found s'inscrire ici (French).


Interpeace et son partenaire Indigo Côte d’Ivoire (lien) ont organisé le lancement officiel du rapport de la recherche participative sur les « Obstacles à la cohésion sociale et les dynamiques de violence impliquant les jeunes dans l’espace urbain abidjanais ». Parmi les invités de marque présents lors du lancement du rapport étaient des délégués du bureau du Premier ministre et d’autres ministères, de nombreuses institutions spécialisées des Nations Unies, des ambassades, la société civile, le secteur privé, et des acteurs locaux et des représentants des communautés qui ont pris part à la recherche. M. Albert Toikeusse Mabri, Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement, était l’invité d’honneur.

Le rapport comprend les voix de plus de 750 habitants de trois communes d’Abidjan: Abobo, Yopougon, et Treichville. Les participants ont été consultés dans le but de procéder à une auto-analyse et d’identifier les causes profondes de la violence impliquant les jeunes dans ces zones. Quatre facteurs principaux ont ainsi été identifiés:

  • Les limites de l’économie politique de la diversité sociale urbaine ;
  • Le délitement du système scolaire ;
  • La recomposition des structures familiales et l’apparition de nouveaux modèles de réussite sociale ; et
  • Les luttes pour le contrôle des espaces économiques tels que les gares routières.

Le processus de consultation, en plus d’avoir permis d’identifier ces quatre éléments, a également permis de créer un cadre d’échange ouvert et neutre pour toutes les parties prenantes, créant ainsi un rapprochement entre des groupes sociaux qui d’habitude n’interagissaient pas.

Lors de la cérémonie de présentation, les participants ont pu partager avec le public leur expérience quant à leur participation dans le processus de recherche participative, cela en présence du Ministre d’État:

« De toute ma vie, je n’aurais jamais pensé pouvoir être debout, ici, et parler aux « grands » de ce monde comme vous. Je n’osais même pas parler devant un groupe. En participant à ce projet, j’ai compris que même ma voix pouvait être entendue ». Jeune employé des syndicats de transports d’Abobo.

« Avant de participer aux consultations, lorsque je voyais un employé des syndicats, j’évitais toute interaction, car ils avaient la réputation d’être violents. Ma participation aux groupes de discussion m’a permis de réaliser qu’ils étaient humains, et qu’ils avaient leurs propres défis. A présent nous nous asseyons côte à côte et discutons d’ivoiriens à ivoiriens pour trouver des solutions ensemble ». Participante de Treichville.

« Je voudrais remercier Indigo et Interpeace d’avoir tenu leur promesse et d’avoir fait entendre nos voix aux personnes concernées. Il est temps d’agir, et nous sommes prêts ». Dignitaire du syndicat de transports d’Abobo.

Les différents facteurs identifiés requièrent une distinction entre les problèmes de fond/de société nécessitant une réponse nationale et inclusive et les actions de prévention ou mitigation immédiates en vue des prochaines élections. La recherche a également permis aux participants de faire des recommandations spécifiques. Celles-ci méritent une attention particulière afin d’assurer que tous les intervenants s’approprient les solutions proposées pour faire face à la violence impliquant les jeunes. Les conditions de faisabilité ont également été examinées, et comprenaient, entre autres, l’inclusion des  « réelles » parties prenantes dans la mise en œuvre des solutions.

En réponse à la présentation des résultats de la recherche par le Dr. Severin Kouamé, Coordonateur d’Indigo Côte d’Ivoire, le Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement a insisté sur l’intention du gouvernement de s’engager à travailler avec les communautés: « Je voudrais remercier tous les participants qui se sont exprimés aujourd’hui, et en particulier les jeunes. La question qui vient à l’esprit après ces discussions est la suivante :   quelles sont les actions clés à réaliser aujourd’hui pour garantir des élections pacifiques ? » . Et, sur le long terme, que pouvons-nous faire pour sécuriser les gares routières pour ceux qui y travaillent ? L’élément clé est la confiance. Si nous nous faisons mutuellement confiance, rien ne nous empêchera de trouver des solutions. »

La cérémonie s’est conclue avec la remise officielle du rapport par Mme. Adele Khudr, représentante de l’UNICEF Côte d’Ivoire et du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, au Ministre Toikeusse.

Ces recherches ont été possibles grâce à l’aide technique et financière de l’UNICEF et du PNUD. Elles découlent de recherches précédemment effectuées dans la région de l’Ouest de la Côte d’Ivoire en 2013 qui ont mis en lumière la question d’auto-victimisation comme principal moteur des violences communautaires.

Le rapport sur les obstacles à la cohésion sociale et les dynamiques de violence impliquant les jeunes est disponible ici.

Le résumé exécutif du rapport est téléchargeable ici et un film documentaire est disponible ici.